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La campagne pour les élections couplées 2015 a un gout particulier pour les populations de Dori dans la région du Sahel. Une semaine après l’ouverture de la campagne pour la présidentielle, beaucoup avouent qu’ils ne la sentent pas cette campagne. La priorité serait accordée à la mobilisation dans les villages, pour les uns et pour les autres, l’interdiction des gadgets serait la cause de cette morosité observée dans l’après-midi du dimanche 15 novembre 2015.

« C’est mou, on ne sent pas la campagne ici à Dori. On a juste un candidat qui se profile ici, on dirait que c’est une campagne pour un seul parti politique », estime Boukari KIEMTORE, commerçant.

"C’est mou, on ne sent pas la campagne ici" : Boukari KIEMTORE
Boukari KIEMTORE : « C’est mou, on ne sent pas la campagne ici »
"Les candidats sont peut-être en campagne dans les villages" : Zénabou CISSE/DIAO
« Les candidats sont peut-être en campagne dans les villages » : Zénabou CISSE/DIAO

Cet avis, Zénabou CISSE/DIAO le partage également. C’est « à l’ouverture seulement » qu’ « on a senti l’engouement. Mais après, il n’y a plus rien, on ne sent pas la campagne », soutient-elle.

Amadou AMADOU s’attendait « à plus de punch, à plus de mouvement et plus d’implication des acteurs culturels locaux » dans la campagne électorale mais il avoue toute sa déception.

"C'est l’effervescence totale" : Boubakar DICKO
« C’est l’effervescence totale » : Boubakar DICKO

Boubakar DICKO n’est pas de cet avis. Il affirme qu’à Dori, « c’est l’effervescence totale » et que la campagne se déroule très bien. Il reconnait cependant que l’interdiction des gadgets introduite par le nouveau code électoral met « à égalité tous les partis politiques » dans la compétition.

C’est cette décision que ne comprennent pas certains citoyens. « Je ne suis pas un politicien mais je ne sens pas la campagne comme avant. Avant, la campagne était plus intéressante. Ça manque beaucoup de chose : il n’y a pas de t-shirts, pas de gadgets… », regrette Oumar BA.

Issa KAFANDO, à l'extrême droite
Issa KAFANDO, à l’extrême droite

Issa KAFANDO et ses amis sont en train de jouer aux cartes sous un hangar de fortune, non loin de la gare routière de Dori. Ils se plaignent également de cette campagne sans gadgets. « La campagne passée, on avait tout. Maintenant, on a trouvé que des photos, y a pas casquettes, y a pas polos, y a rien ! », décrie t-il.

Si à Dori l’ambiance de campagne n’est pas perceptible, Mme CISSE/DIAO l’explique par le fait que les candidats sont peut-être en activité dans les villages !

"Je viens d’arriver à Dori, l’ambiance n’est pas comme à Ouaga" : Alassane Ag ABDOULAYE
« Je viens d’arriver à Dori, l’ambiance n’est pas comme à Ouaga » : Alassane Ag ABDOULAYE

De fortes attentes

Ils sont tous unanimes sur un fait. Il s’agit des fortes attentes à l’endroit du futur président : « l’emploi pour les jeunes et les femmes », traduit l’élève Aminata CISSE, « que l’intérêt du peuple soit prioritaire », demande Zénabou CISSE/DIAO, « la résolution de la question de la vie chère », indexe Boukari KIEMTORE, « la santé et la paix pour tous » demande Issa KAFANDO.

Aboubakar SANFO

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