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Tenkodogo, chef-lieu de la région du Centre-Est, accueille du 28 au 30 avril 2016, la 19e Journée nationale du paysan. Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Chef de l’Etat, et son Gouvernement s’entretiendront avec mille (1000) producteurs venus des quarante-cinq (45) provinces du pays autour des préoccupations du monde rural.

La 19e Journée nationale du Paysan est placée sous le thème : «Agriculture et lutte contre le chômage : développer et soutenir l’entreprenariat agro-sylvo-pastoral, halieutique et faunique pour l’insertion socio-professionnelle des jeunes». La création d’emploi dans le secteur agro-sylvo-pastoral, halieutique et faunique représente un enjeu majeur pour la réduction de la pauvreté, la baisse du chômage et la préservation de la cohésion et la paix sociale au Burkina Faso. En effet, le diagnostic du secteur rural relève par ailleurs la faible productivité, la faible valorisation des produits, la faible capacité d’investissement, et un savoir-faire basé sur des technologies rudimentaires.

Au regard de l’importance de la contribution du secteur rural au développement socio-économique du pays, le gouvernement a élaboré et mis en œuvre des politiques et stratégies (SDR, PN-AEPA, PAPISE, PNDEL, PIF, PNSR, SCADD) visant à créer les bases d’une croissance accélérée, en vue d’améliorer les conditions de vie des populations. La mise en œuvre des différentes politiques et stratégies a enregistré certes des résultats satisfaisants mais beaucoup reste à faire pour atteindre les niveaux de performance souhaités dans le secteur agro-sylvo-pastoral, halieutique et faunique.

Vu la jeunesse de la population burkinabè et le rôle de l’agriculture (80% de la population et 40% du PIB), une politique innovante de création d’emplois agricoles s’avère impérieuse. Cette politique doit faire partie intégrante des piliers de la stratégie du développement de l’entreprenariat agro-sylvo-pastoral, halieutique et faunique.

C’est pourquoi, dans un contexte général marqué par l’arrivée à échéance des différents documents d’orientation stratégique du secteur rural (PNSR et SCADD) et la persistance du phénomène de pauvreté et de chômage des jeunes et des femmes, la Journée nationale du paysan (JNP) offre un cadre de rencontre et d’échanges qui permettra aux différents acteurs du monde rural de réfléchir sur les opportunités d’emplois qu’offre le secteur rural. Le choix du thème «Agriculture et lutte contre le chômage : développer et soutenir l’entrepreneuriat agro-sylvo-pastoral, halieutique et faunique pour l’insertion socio-professionnelle des jeunes » s’inscrit dans ce cadre et vise à  susciter l’esprit entrepreneurial, à  favoriser la concertation sur les différentes mesures et actions à mener, à faciliter  la prise d’engagements et à formuler des recommandations à l’adresse de l’Etat et ses démembrements, afin que le secteur puisse efficacement contribuer à la mise en œuvre des référentiels en cours d’élaboration notamment le Plan national de développement économique et social (PNDES).

L’employabilité des jeunes et des femmes constituera le sujet central des réflexions qui se mèneront à Tenkodogo. Selon les données de l’Enquête permanente agricole (EPA 2009/2010), parmi les bénéficiaires des programmes publics agricoles, on a seulement 27% de jeunes de 16 à 35 ans et 31,5% de femmes. En outre, les montants des financements accordés au secteur rural ne permettent pas aux bénéficiaires d’améliorer de façon considérable et durable leur bien-être.

Pourtant, le rapport de la Banque mondiale sur l’emploi et le développement des compétences (Banque mondiale, 2012.) insiste sur la nécessité d’aider la population burkinabè à sortir de l’agriculture de subsistance afin de libérer de la main d’œuvre pour le secteur industriel.

Depuis quelques années, le Burkina Faso a entamé un processus de professionnalisation et de modernisation de son secteur agricole. Selon les résultats du Recensement général de l’agriculture (RGA), on a dénombré au cours de l’année 2007 un effectif total de 576 exploitations modernes essentiellement concentrées dans les régions du Centre avec 31% des exploitations et dans la région de la Boucle du Mouhoun avec

26%.

Ce début de professionnalisation et de modernisation aurait pu profiter aux femmes et aux jeunes du pays si certaines contraintes avaient été levées. Il s’agit de contraintes d’ordre institutionnel (l’absence d’une vision commune axée sur la promotion de l’entrepreneuriat agro-sylvo-pastoral, halieutique et faunique) et financier (faible accompagnement de structures de crédits) et socio-culturel (absence de l’esprit entrepreneurial).

Les participants à la 19e JNP mettront un point d’honneur à formuler des recommandations et à prendre des engagements en vue de lever les différentes entraves à l’entreprenariat agricole des jeunes. La rencontre de Tenkodogo sera également l’occasion pour les acteurs du développement rural de procéder au bilan des engagements pris l’année dernière à la 18e JNP tenue à Dédougou.

La 19e édition, la première de notre nouvelle ère démocratique, marque également la prise en main de l’organisation de l’évènement par les organisations paysannes. Une réaffirmation de la place centrale des producteurs non seulement dans cette manifestation, mais également dans le développement économique du pays. La JNP, organisée pour la première fois à Léo le 28 décembre 1993, a parcouru du chemin et se veut aujourd’hui une halte d’introspection et d’évaluation des politiques publiques agricoles.

Le Ministère de l’Agriculture et des Aménagements Hydrauliques

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