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Le SYNATEB alerte sur la « dérive qu’amorce » le «  système éducatif » national burkinabè. A travers la déclaration ci-après, il dénonce « un mépris total » de la part des autorités et une « gestion calamiteuse » du ministère en charge de l’éducation nationale. Les frais d’encadrement des élèves stagiaires des ENEP n’ont pas été versés aux encadreurs depuis 2 trimestres et le SYNATEB s’insurge contre la violation du protocole d’accord signé avec le ministère. Le syndicat regrette également la non tenue de la conférence pédagogique annuelle des enseignants et l’incapacité du MENA à mettre les vivres à la disposition des élèves du primaire. Il interpelle le Ministre pour une gestion efficace et efficiente des ressources humaines et averti qu’aucune dérive ne sera tolérée par le SYNATEB. Il appelle les Directeurs d’école à se désengager du transport des vivres des élèves. Il invite en outre les directeurs des écoles d’application et les Chefs des CCEB à garder par dévers eux les fiches de notation des stagiaires jusqu‘au paiement intégral des prises en charge.

Déclaration

Le système éducatif burkinabè vit une des périodes les plus critiques de son histoire. En effet, depuis le pouvoir de la quatrième république, la gestion du système éducatif a atteint un degré insupportable et a fini par convaincre le monde de l’éducation de la démission des autorités en charge du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA). Les dirigeants de la transition n’ont pas pu faire mieux et se sont illustrés dans une gestion clientéliste des ressources humaines et une organisation chaotique des sessions de formation continues dénoncées par la coordination des syndicats de l’éducation de base.

Aujourd’hui encore, au moment où le gouvernement TIEBA, est censé tirer les enseignements des échecs au MENA, nous assistons au déni de la fonction enseignante et  à un amateurisme flagrant dans la gestion de ce secteur.

Camarades militants et militantes,

Sympathisants et Sympathisantes,

Au lendemain de son conseil syndical ordinaire, le SYNATEB a déposé le 05 avril 2016 les préoccupations des travailleurs de l’éducation de Base synthétisées dans sa plateforme revendicative auprès du Ministre de l’Education de Base et de l’Alphabétisation, assortie d’une demande d’audience. A l’heure où nous écrivons cette déclaration, les nouvelles autorités, dans un mépris total des représentants des travailleurs n’a pas daigné  répondre à la demande d’audience du SYNATEB ni apporter des réponses ces préoccupations pressentes de l’heure.  La gestion calamiteuse  de notre département ministériel laisse  libre cours aux spéculations de tout genre dans la presse, sur les réseaux sociaux et sur le terrain.  Face à cette situation  préoccupante, le Bureau National vient par cette déclaration attirer l’attention de l’opinion publique et des décideurs de la dérive qu’amorce notre système éducatif.

Les frais d’encadrement des élèves stagiaires des ENEP constituent le fruit d’une lutte qui a abouti à un protocole d’accord entre le MENA et le SYNATEB. Mais force est de constater que le MENA reste redevable de deux trimestres de prise en charge aux maîtres conseillers violant ainsi les termes de ce protocole.

Aussi, à un mois des vacances scolaires, nous constatons avec regret la non tenue de la conférence pédagogique annuelle des enseignants. Ce cadre étant institué afin d’assurer une formation continue des enseignants, face à une science évolutive qu’est la pédagogie, cette conférence ne saurait être négligée en faveur d’autres activités.

En plus, incapable de mettre les vivres à la disposition des élèves du primaire en début d’année, le MENA appelle les Association des parent d’élèves (APE) et les Directeurs d’Ecole à s’organiser pour passer les enlever dans les magasins centraux en cette fin d’année. Les termes des accords des cantines scolaires sont clairs en la matière. Les vivres sont sous la responsabilité du Directeur d’Ecole après réception et ce, avant 18 heures les jours ouvrables.

Au regard de la fuite de responsabilité du MENA, nous sommes en droit de nous poser certaines questions : Est-ce le rôle d’un Directeur d’Ecole de transporter des vivres ? Quelles garanties le MENA offre quant aux risques liés à l’enlèvement, le transport, au stockage et à la sécurisation des vivres ?

Camarades militantes et militants

La gestion clientéliste des affectations étant devenue très courante au MENA, nous tenons à interpeler le Ministre sur les affectations du niveau national qui se profilent à l’horizon. Le favoritisme, l’affairisme et le clientélisme doivent faire place  à une gestion efficace et efficiente des ressources humaines au MENA. Aucune dérive ne sera tolérée par le SYNATEB.

Camarades militants et militantes,

Le SYNATEB, condamne avec la dernière énergie la gestion chaotique du MENA. Il exige l’ouverture d’un dialogue franc autour de ses plateformes. Il prend l’opinion publique à témoin quant aux conséquences que l’entêtement du MENA viendrait à produire.

Par conséquent, le SYNATEB face à l’histoire, met en garde les responsables du MENA contre tout sabotage de la conférence pédagogique annuelle des enseignants et exige le paiement sans délais des frais d’encadrement des stagiaires dans les écoles d’application.

Il lance en outre un appel à la mobilisation  de tous les travailleurs de l’éducation de base  et invite :

  • tous les Directeurs d’école à se désengager du transport des vivres des élèves ;
  • tous les directeurs des écoles d’application et les Chefs de Circonscription d’Education de Base (CCEB) à garder par dévers eux les fiches de notation des stagiaires jusqu‘au paiement intégral des prises en charge ;

Par ailleurs, le Bureau national vous invite à vous tenir prêts pour toute action éventuelle que commanderait l’évolution de la situation.

Tous unis et mobilisés, nous vaincrons !

Vive le SYNATEB !

Pour le Bureau national

Le secrétaire Général

François de Salle YAMEOGO

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