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Le mouvement syndical burkinabè apporte son soutien aux travailleurs de France en lutte contre la loi de Travail « El Khombry ». Nous vous proposons la lettre.

Les secrétaires généraux des Organisations Syndicales Sus-citées

Aux

Camarades Secrétaires Généraux de la CGT, de CGT-FO, de FSU, de Solidaires et des syndicats d’étudiants de France en lutte contre la loi du Travail

Objet : Soutien à vos luttes

Camarade Secrétaire Généraux,

Les militants syndicaux et les travailleurs du Burkina Faso suivent avec une grande attention la lutte que mènent vos organisations contre la loi de Travail que le gouvernement de François Hollande a conçue au profit des entreprises et au détriment de la classe ouvrière et de la jeunesse.

Cette loi, portée par la Ministre El Khombry,  est annonciatrice d’un recul social parce qu’elle remet en cause des acquis importants du monde du travail, et par conséquence, interpelle les organisations des travailleurs et les démocrates de votre pays et du monde entier. En initiant cette révision importante du Code du travail, le gouvernement VALLS agit comme bon nombre de gouvernements du monde qui, en guise de solution à la crise, s’attaquent aux acquis sociaux des travailleurs, prennent des mesures qui précarisent les emplois et soumettent les salariés à l’exploitation et aux abus. Face à ces agressions du Capital, les travailleurs sont obligés de résister et de se battre sous peine d’encourager d’autres remises en cause de leurs droits et intérêts relatifs notamment au temps de travail, aux salaires, à la protection sociale et au droit syndical.

Le recours éhonté à l’article 49 alinéa 3 de la constitution souligne à l’envie le caractère impopulaire et antidémocratique de cette révision initiée par le Gouvernement français.

Camarades Secrétaires généraux,

Votre lutte constitue une réponse et un avertissement aux autorités des autres pays d’Europe et d’ailleurs, qui œuvrent constamment à l’adoption de lois « anti-travailleurs » à la satisfaction du patronat. Cette attitude des gouvernants, avec ses conséquences de précarisation de la vie des travailleurs, est porteuse de risques graves pour la société. Du reste, Mme Mildred  Oliphant, présidente  de la 105ème session de la Conférence Internationale du Travail sur cette question, dans son discours d’ouverture, au siège de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) à Genève le 30 juin 2016  disait: « …On estime que plus de 300 millions de personnes dans les pays en développement demeurent aujourd’hui dans la pauvreté, privées d’emplois de qualité et de protection sociale. Nous savons pertinemment qu’un chômage et un sous-emploi élevés peuvent avoir des répercussions négatives notables sur la croissance et la cohésion sociale… ».

Et mieux parmi les points inscrits à l’ordre du jour de la 105ème Session (du 30 mai au 10 juin 2016) de cette Conférence Internationale du Travail figure le point sur l’emploi articulé comme suit : « Le travail décent au service de la paix, de la sécurité et de la résilience aux catastrophes ».

Les conséquences dramatiques du saccage des normes du travail et du manque d’emplois décents frappent de plein fouet nos pays africains. Nous en voulons pour preuve, le spectacle douloureux et déshonorant de tous ces corps de naufragés rejetés par les eaux des océans. Des jeunes à la fleur de l’âge fuyant de toutes leurs forces la misère pour embrasser tout de même l’inconnu. Or, la misère où qu’elle existe, constitue un danger pour la sécurité, la prospérité et l’épanouissement de toutes et de tous.

La mondialisation avec son libéralisme sauvage et hideux, au nom duquel les dirigeants du monde saccagent l’équilibre normatif, réunissant ainsi les conditions pour un environnement de misère, en vue  de satisfaire leur boulimie en accumulation matérielle et financière est un monstre qui n’épargne personne,  y compris ses propres géniteurs. En effets, le contexte de libéralisme à outrance et sans pitié, avec ses guerres d’occupation et son terrorisme comme moyens d’exploitation, d’expropriation et de pillage, mais aussi ses conséquences de sécheresses, d’inondations etc. déstabilise et détruit le socle social d’une société humanisée.

C’est pour refuser cette précarité généralisée, l’exploitation et la répression que les peuples se mobilisent, s’organisent et se battent. Parce que quand les dirigeants créent la misère, la réponse doit être la colère et la résistance. Donc, se battre pour un système respectueux des valeurs de dignité, d’égalité et de liberté est un devoir légitime. Albert Einstein le disait si bien : « Il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre. ».

Par conséquent, les Organisations syndicales du Burkina Faso, signataires de ce message, condamnent fermement la répression qui s’est abattue sur vous, et  vous expriment leur plein soutien. Elles considèrent votre lutte comme la sienne, elles qui sont aussi engagées dans une lutte contre un Code du Travail révisé en 2008 dont les dispositions anti-travailleurs révèlent chaque jour un peu plus leurs effets néfastes.

Plein succès à votre lutte !

GENEVE  le 05 juin 2016

Ont signé :

Pour les Centrales syndicales :

CGT-B                                                

Bassolma BAZIE

Secrétaire Général

CNTB                                              

Augustin Blaise HIEN

Secrétaire Général                            

FO/UNS                                                

El Hadj Inoussa NANA

Secrétaire Général

ONSL                                               

Paul  N. KABORE

Secrétaire Général

USTB

Georges Yamba KOANDA

Secrétaire Général

Pour les Syndicats Autonomes :

Le Président de Mois

Siriki DRAME

Secrétaire Général/ SYNATIC             

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