PARTAGER

Le Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples a rendu public ce vendredi  1er juillet 2016 à Ouagadougou son rapport annuel sur l’état des Droits humains au Burkina en 2015. Il ressort que durant cette année transitoire, des exactions ont été commises et beaucoup de Droits ont été violés.

Le président du MBDHP, Chrysogone Zougmoré remettant le rapport au ministre d'Etat Simon Compaoré
Le président du MBDHP, Chrysogone Zougmoré remettant le rapport au ministre d’Etat Simon Compaoré

Le tableau de l’état des Droits humains au Burkina en 2015 n’est pas reluisant. C’est ce qui ressort du rapport 2015 du Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP).

Selon ce rapport, 2015, année post-insurrectionnelle au Burkina, fut une année pleine d’espoirs pour les Burkinabè. « Malheureusement, pour l’essentiel ces espoirs ont été déçus ; la transition ayant fait de l’organisation des élections sa mission essentielle. De ce fait, elle n’a pas su incarner la rupture tant voulue avec les pratiques du passé. L’année 2015 n’a malheureusement pas connu la vérité et la justice pour les martyrs de l’insurrection populaire et pour tous les autres dossiers de crimes impunis. La vie est demeurée aussi chère pour bon nombre de Burkinabè, les confinant ainsi dans une pauvreté qui ne dit pas son nom. »

Plusieurs militants des Droits humains ont été témoin de la présentation du rapport
Plusieurs militants des Droits humains ont été témoins de la présentation du rapport

Ainsi dans ce rapport de 80 pages, ressortent de nombreux cas de violations de droits humains, d’atteinte au droit à la vie, de mauvais traitements et de tortures et autres atteintes à l’intégrité physique de personnes.

Le MBDHP cite en illustration, le putsch du général DIENDERE et de son RSP qui a fait une quinzaine de morts, plus d’une centaine de blessés, ainsi que de nombreux dégâts matériels. A ces exactions, on peut ajouter de nombreux cas d’atteintes aux libertés démocratiques, spécialement de la liberté de presse et d’information.

Le rapport 2015 du MBDHP, révèle également la persistance de l’impunité des crimes de sang et de crimes économiques. Pour le rapport « 2015 a été une année supplémentaire de sommeil pour bien de vieux dossiers pendants tels les dossiers Thomas SANKARA, Norbert ZONGO, Boukary DABO et bien d’autres. »

Pour le président du MBDHP, Chrysogone ZOUGMORE, d’autres cas de violations de Droits humains comme l’éviction forcée de populations de Konkounfouanou à l’Est du Burkina, d’atteintes au droit à la santé au Centre Hospitalier Régional de Ouahigouya et du fait de l’exploitation minière à l’échelle du pays ont été commis.

Le présidium
Le présidium

L’année 2015 a été marquée par plusieurs cas de découvertes suivis d’arrestations de personnes écoulant des produits périmés ou impropres à la consommation sur le marché burkinabè. Cette situation a indigné les consommateurs qui au-delà des rumeurs découvraient ainsi la face hideuse des produits de grande consommation sur nos marchés.

Chrysogone Zoumoré espore que la publication de ce rapport ainsi que son exploitation par les autorités et la population contribuent davantage à l'éveil des consciences des Burkinabè
Chrysogone Zougmoré espère que la publication de ce rapport ainsi que son exploitation par les autorités et la population contribuent davantage à l’éveil des consciences des Burkinabè

Au regard de ce sombre tableau, le MBDHP recommande que la lumière soit faite sur toutes les tueries et autres violations des droits humains. Il demande également, entre autres, de traduire de façon effective devant les tribunaux tous les auteurs de ces tueries et autres violations des droits humains.

De plus, le MBDHP recommande de garantir le plein exercice des libertés démocratiques : libertés de réunion, d’organisation, de grève, de circulation, de manifestation sur la voie publique même en période de crise.

En ce qui concerne la lutte contre l’impunité le rapport recommande une prise de mesures nécessaires pour assurer la justice pour tous les dossiers emblématiques de crimes impunis (Thomas SANKARA, DABO Boukary, Norbert ZONGO,…).

Y. Alain Didier COMPAORE

 

 

 

 

Laisser un commentaire