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African leaders attend the Africa Action Summit, on the sidelines of the COP22 Climate Change Conference, on November 16, 2016, in Marrakesh. African leaders met in Morocco to agree a joint stance to fight global warming on the continent. / AFP PHOTO / FADEL SENNA

Les négociations sont toujours en cours à Marrakech. Les conclusions, adoptées le jeudi 17 novembre 2016, ne seront rendues publiques que ce vendredi. Alors que les dirigeants n’ont toujours pas trouvé d’accord global sur la mobilisation et les mécanismes du Fonds vert, les annonces d’initiatives et de contributions parallèles se multiplient. Une course à « l’action » se profile en cette fin de sommet.

Pas de grandes annonces aujourd’hui à Marrakech. Les négociateurs ne se sont pas encore entendus sur les points clés. Si les pays industrialisés ont déjà déclaré en début de semaine leur intention de doubler leur contribution au fonds vert, le cap des 100 milliards d’ici 2020 est loin d’être acquis. Le négociateur burkinabé Mamadou Honadja plaide pour un fonds « permanent » qui ne soit pas dépendant des échéances des pays contributeurs.

Deux acquis cependant: premièrement l’accès au fonds vert devrait être simplifié. Le circuit de soumission à travers des entités nationales accréditées, mais chapotées par les grands bailleurs de fonds, était en effet critiqué. Deuxième acquis, des engagements fermes  à financer les plans d’adaptation nationaux, en parallèle du fonds vert. L’Allemagne sera le gros contributeur, suivi par la Suisse,  la Suède et la région Wallonne.

De leur côté, les dirigeants africains ont réaffirmé leurs engagements pour donner davantage de cohérence et de synergies dans leurs stratégies. Le Roi du Maroc, qui a rencontré les dirigeants africains mardi dans un mini sommet,  se pose en leader et en parrain du continent en annonçant la création de  3 commissions transversales: Une commission sahel qui aura notamment en charge « la Grande muraille verte pour le Sahel » et « la conservation du Bassin du Lac Tchad » piloté par le Niger ; Une commission “Fonds bleu destiné à la préservation du bassin du Congo” pilotée par le Congo ;et une commission en charge des Etats insulaires de l’Afrique pilotée par les Seychelles.

Au-delà du climat, l’enjeu clé pour le Maroc, pays organisateur, est également diplomatique. Très actif ces derniers mois, le Maroc entend démontrer son engagement fort en Afrique, désormais au coeur de sa diplomatie. Avec comme principal enjeu la question du Sahara occidental, et comme objectif à court terme la réintégration du Maroc au sein de l’Union africaine.

Eric Aimé Ouédraogo

(Envoyé spécial à Marrakech, partenariat Fondation Hirondelle)

 

 

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