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La jacinthe d’eau, cette plante invasive détestée pour bloquer les barrages, asphyxier les poissons, infecter l’eau et causer des inondations, devient une source d’énergie alternative et une source de revenus pour les populations burkinabè.

Originaire du bassin de l’Amazone, la jacinthe d’eau a été introduite dans la plupart des pays chauds comme plante d’ornement. C’est devenu aujourd’hui un véritable fléau en Afrique de l’ouest, dont le Burkina Faso. Chaque année, le ministère en charge de l’eau et de l’assainissement à travers l’Agence de l’eau du Nakanbé lance de grandes campagnes d’arrachage dans les barrages qui approvisionnent Ouagadougou, envahis par la plante qui prolifère rapidement et cause de nombreux dommages : voies de navigation obstruées, écosystème perturbé, poissons asphyxiés, dysfonctionnement dans les turbines des barrages hydroélectriques.

Cette année, 45 hectares ont été traités aux bords des fleuves Mouhoun, Nakambé et Nazinon. 4500 tonnes ont été arrachées.

La biomasse extraite (déchets organiques) a ensuite été acheminée vers des unités de bio-digesteurs dans la ville de Ouagadougou, pour être transformée par un processus naturel de méthanisation en biogaz et de réutilisée et valorisée comme énergie renouvelable, gaz de cuisine, engrais fertilisants et source d’électricité. La jacinthe d’eau traitée devient alors une opportunité économique.

jacinthe-deau-2Adama Ilboudo est le directeur de l’eau et de l’environnement à l’agence de l’eau du Nakambé, une structure de gestion des ressources en eau au Burkina.

Le processus de transformation ne suffit pourtant pas aujourd’hui à lutter totalement contre la prolifération de la plante et à désengorger les fleuves, car les opérations d’arrachage de la plante sont longs et coûteux. Le Burkina Faso envisage donc deux autres méthodologies complémentaires : pour le moyen terme, il  est prévu de renforcer le système d’alerte et de surveillance des retenues d’eau de Ouagadougou. Pour le court terme, de mettre en place un processus de destruction biologique grâce à l’élevage dans le milieu d’insectes (charançons et limnées), ennemis naturels de la jacinthe.

Aimé Eric Ouédraogo

(Partenariat Fondation Hirondelle)

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