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La troupe Kouledafourou renait de ses cendres. Après une période de gloire dans les années 80, elle passe plus d’une dizaine d’années dans le noir. Aujourd’hui, c’est une troupe recomposée où se retrouvent jeunes et anciens. Avec l’appui de plusieurs personnalités et l’émission « Scène » de la Radiodiffusion-Télévision du Burkina (RTB), l’emblématique Kouledafourou reprend des couleurs.

Kouledafourou est une des plus vielles troupes du Burkina. Fondée en 1978 par feu Drissa Sanou, Kouledafourou est la première troupe sacrée « artiste du peuple », après avoir remporté 3 fois de suite la Semaine nationale de la culture (SNC). « Nous avons été 1er 3 fois de suite à la SNC en 1983, en 1984 à Gaoua et en 1986 à Bobo. En 1987, nous avons été promus artiste du peuple, donc hors compétition », raconte Gabriel Bado, Manager de la troupe Kouledafourou.

Gabriel Bado, Manager de Kouledafourou

Puis s’ouvre une période de gloire pour cette troupe pionnière de la danse de synthèse au Burkina Faso et à la SNC. Kouledafourou touche à tous les arts de la scène (musique, danse, théâtre…). Les nostalgiques se rappellent certainement la qualité de ses créations ! Le groupe fait le tour du Burkina et du monde pour promouvoir la culture burkinabè.

La traversée du désert suite au décès du fondateur !

Kouledafourou va connaitre après ce temps de gloire la traversée du désert. La troupe perd son fondateur et bras financier, Drissa Sanou, en 1992. Survient le déclin de cette troupe emblématique qui passe petit-à-petit aux oubliettes. « C’est le président du groupe qui faisait tout. Il n’a pas été soutenu. A sa disparition, le groupe a été démunie et on n’a pas pu tenir le coup », explique le manager Gabriel Bado.

Le délaissement du groupe serait aussi politique selon le manager. « Il faut reconnaitre aussi qu’il y a eu des problèmes politiques qui ont joué sur le groupe. Les gens disaient que c’était le groupe de Thomas Sankara parce qu’il aimait tellement ce groupe », confie Gabriel Bado.

La renaissance !

En 2001, la troupe refait surface avec un spectacle à la clé, mais toujours sans soutien. Le 11 décembre 2015, une salle de conférence de la Maison de la culture de Bobo est baptisée au nom du fondateur de Kouledafourou Drissa Sanou.

Il faut attendre 2016 pour que les cadres décident à nouveau de la relancer avec l’appui de certaines personnalités, mais surtout de l’émission « Scène » de la RTB. « Depuis un certain temps, personne n’a pensé à ce groupe. L’administration, les acteurs du secteur de la culture… personne n’est venu s’en querir de notre situation. C’est la RTB, à travers Evariste Kombary, qui est venu faire une émission avec nous. Nous sommes vraiment reconnaissants à la RTB qui est à l’origine de la renaissance du groupe… », témoigne le manager Bado.

Aujourd’hui, jeunes et anciens se côtoient dans la troupe Kouledafourou.

Appelée affectueusement la vielle, Awa est membre de la troupe depuis sa création. En plus de son art qu’elle transmet, c’est tout simplement la vie qu’elle apprend aux jeunes.

Awa la vielle : « Je leur fait comprendre qu’il faut écouter les conseils, travailler d’abord et le gain vient après »

Tous du troisième âge, les plus anciens n’ont qu’un seul rêve aujourd’hui, la création d’un centre. Pour eux, ce centre permettra de former la jeunesse, seule façon de transmettre la culture et d’assurer la relève.

Frédéric Etienne Bassinga, Aboubakar Sanfo

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