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Le Chargé d’Etudes de l’enquête, Ansseghna Anselme Somda (à g.)

L’Institut pour la Gouvernance et le Démocratie a rendu les résultats de l’enquête sur l’abolition de la peine de mort au Burkina Faso ce 18 juin 2018, à Ouagadougou. De cette enquête commanditée par l’Afrobaromètre au Burkina Faso, il ressort que 54% des Burkinabè estiment que « la loi devrait conserver la peine de mort pour les personnes qui commettent des crimes violents comme le meurtre, le viol ou les attaques à main armée ».

Au moment où l’Assemblée nationale adoptait un nouveau code pénal le 31 mai dernier pour supprimer la peine de mort, 54% de Burkinabè sont défavorables.

Pour les besoins de l’enquête  en septembre 2017, le Chargé d’Etudes,  Ansseghna Anselme Somda dit avoir recueilli les opinions de 1200 Burkinabè des villes et campagnes sur les enjeux de la problématique de la peine de mort dans un Etat de droit.

Et Il ressort que « plus de 55% de ruraux sont majoritairement favorables à la conservation de la peine de mort par la loi, comparativement aux citadins qui semblent être mitigés : 47% pour et 47% contre », a-t-il signalé.

Et faisant partie de cette institution de défense des droits humains qu’est la CGD, M. Somda dit être favorable  avec l’adoption au Burkina du nouveau code pénal abolissant la peine de mort.

«la prison à perpétuité, un palliatif à la peine de mort»

Pour lui, l’abolition de la peine capitale « renforce l’Etat de droit démocratique», car  « cela permet au Burkina Faso d’être en phase avec le traité de Rome, qui en son article 77, invite les Etats africains à l’abolition de la peine de mort », même si l’article 80 stipule en substance que la question de l’abolition relève de la prérogative des Etats.

Face au refus de bon nombre de population contre la suppression de la peine de mort, le Chargé d’Etudes de l’enquête a invité les organisations  de défense des droits de l’homme,  les députés et les partis politiques à mener une vaste campagne de sensibilisation sur le bien-fondé de son abolition.

A l’en croire, cela ne participe guère à « la promotion de l’impunité », mais concourt d’une manière ou d’une autre à rendre une justice acceptée par les citoyens à travers l’existence d’autres peines telles « la prison à perpétuité, qui est palliative à la peine de mort, jadis inscrite dans notre corpus».

Ansseghna Anselme Somda a, par ailleurs, fondé l’espoir qu’avec plus de communications et de sensibilisations sur une période de 5 à 10 ans, peut-être que les Burkinabè finiront par accepter la suppression de la peine de mort,  à l’instar de la société française,  pour pouvoir se conformer aux autres.

Bènonè Ib Der Bienvenue Médah

 

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