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Circuler dans Karpala est un calvaire pour les usagers de la route en cette saison des pluies. Les voies sont difficilement praticables dans cette partie de l’Arrondissement 11 de Ouagadougou. Boue, flaques d’eau et crevasses constituent un véritable casse-tête chinois pour ces derniers. Constat, ce 6 août 2018, sur une situation déplorée par les populations.

«En cette saison des pluies, nous avons de sérieux problèmes. Et en cas de forte pluie, si tu ne fais pas attention à moto, tu risques de t’embourber. Et en pareille situation, si la moto s’éteint tu n’as rien d’autre à faire que de descendre dans l’eau et la faire sortir.»

C’est le cri de cœur de Gaston Nikiéma rencontré au sud de Ouagadougou. Ici, c’est Karpala qui signifie en français «nouveau quartier» ou «nouveau lotissement»! Nous sommes sur la voie menant à la mairie de Arrondissement n°11 de la capitale burkinabè.

Non loin de là, Samuel Kiendrebéogo, est piégé par la boue depuis 2 heures. Voulant éviter une flaque d’eau, les roues arrières du camion benne chargée de sable qu’il conduisait ont été retenues par la boue. Un autre camion de passage a malheureusement essayé de le dégager en vain. « C’est la croix et la bannière que nous subissons en ces périodes pluvieuses. Et nous demandons aux autorités de réellement nous aider », confie Samuel.

Samuel Kiendrebéogo, chauffeur de benne chargée de sable

Sur la même voie menant à Rayongo, à quelques encablures de la mairie, c’est une route en plein aménagement que nous avons constaté. Là, bulldozers et rouleau compresseur s’activaient au remblayage et au nivellement de la voie.

Nous avons ensuite mis le cap sur la voie qui passe devant le maquis « La Crémière » jusqu’à l’intersection de l’Avenue Inoussa Sankara jouxtant la Résidence Alice. Là, c’est une route non bitumée bien délabrée que nous avons empruntée.

« Chaque année, nous sommes obligés de changer nos amortisseurs… »!

Moussa Bancé, habitant au secteur 55 (Karpala) dit rencontrer de sérieuses difficultés dues à l’état de la voie . « Cette voie mène non seulement au cimetière, mais au district du quartier. Et quand il y a un décès, il est plus difficile d’y accéder. Et cela est d’autant plus difficile quand il est question de transférer un malade ou une parturiente du Centre de santé aux hôpitaux en ville », regrette-t-il.

Sur ce tronçon de moins de 100 mètres, poursuit-il, «il faut prendre 40 minutes pour franchir. Et malheur à toi s’il pleut au moment où tu es en ville, il te faudra attendre la baisse du niveau d’eau pendant quelques temps avant de rentrer chez soi».

Daniel Ouédraogo «perd son latin» pour décrire le calvaire que vivent les habitants du quartier. « Que ce soient les véhicules, les motos, les piétons, c’est vraiment un calvaire que nous vivons pendant la saison pluvieuse à Karpala… », confie-t-il.

Avec le mauvais état de la voie, M. Ouédraogo dit être obligé de changer chaque année ses amortisseurs et autres pièces à suspension.

Dans l’espoir de vivre un lendemain meilleur, les usagers de ce quartier fondent l’espoir que leur cri de cœur sera entendu par les autorités qui trouveront des solutions «pour qu’ils puissent vivre comme les autres citoyens de la ville ».

Bènonè Ib Der Bienvenue Médah

 

 

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