Lettre ouverte de l’UAS au Président de l’Assemblée nationale sur la proposition de loi relative au droit de grève

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L’Unité d’action syndicale (UAS) du Burkina exige du Parlement « le retrait pur et simple » de la proposition de loi sur le droit de grève. A travers la lettre ouverte ci-après, en date du 9 mai 2017, l’UAS dénonce une proposition liberticide. Elle avertit qu’elle « est résolue à combattre cette proposition de loi qui remet en cause un droit fondamental des travailleurs, à savoir le droit de grève » Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Le 21 avril 2017, l’Unité d’Action Syndicale (UAS) a reçu une correspondance N°2017-048/AN/CAGIDH par laquelle la Commission des Affaires Générales Institutionnelles et de Droits humains (CAGIDH) nous transmettait une proposition de loi de l’Assemblée Nationale relative à l’exercice du droit de grève dans les services publics accompagnée de son exposé des motifs. Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Le contenu de la proposition de loi a franchement indigné l’Unité d’Action Syndicale. Par la présente, elle tient à relever que le mouvement syndical burkinabè, depuis sa naissance en 1946, a régulièrement dépassé le cadre corporatiste pour prendre en compte les questions de liberté, d’intégrité, bref, les intérêts supérieurs de notre peuple ; il a toujours su jouer son rôle aux différents tournants de l’histoire de notre pays. Ainsi :
  • Dès sa naissance en 1946, le mouvement syndical s’est engagé, dans le cadre de l’Union Générale des Travailleurs d’Afrique Noire (U.G.T.A.N), aux côtés du RDA, dans la lutte contre le colonialisme et pour l’indépendance de la Haute-Volta ;
  • En 1966, il a conduit le soulèvement populaire du 3 janvier 1966 qui a mis fin au régime  de Maurice YAMEOGO qui s’était engagé dans la gabegie et l’autocratie ;
  • En 1975, il a organisé la grève historique des 17 et 18 décembre 1975 contre la mise en place du Mouvement pour le Renouveau National (MNR) du Général Sangoulé LAMIZANA qui se voulait un parti unique ;
  • De 1998 à 2014, les syndicats de notre pays ont largement contribué à l’éveil des consciences, à la lutte contre l’impunité et pour les libertés, toute chose qui a concouru à l’avènement de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 ;
  • En septembre 2015, face au coup d’Etat réactionnaire du Régiment de Sécurité Présidentielles (RSP) de Gilbert DIENDERE, les syndicats de notre pays, à travers la grève générale qu’ils ont lancée, ont largement contribué à faire échec au putsch.
Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Ces quelques rappels montrent que les syndicats de notre pays ont contribué de façon inestimable à l’ancrage de la démocratie dans notre pays, cela, grâce au courage et à la lucidité des devanciers qui se sont toujours préoccupés des questions de liberté et de démocratie. Par ailleurs, nous estimons que de tous les pouvoirs que notre pays a connus, le vôtre est celui qui doit le plus à la lutte de notre peuple en général, à celle des travailleurs en particulier, lesquels ont consenti d’énormes sacrifices  dans leur quête de justice, de liberté et de progrès social. La proposition de loi qui nous a été transmise constitue une remise en cause grave des acquis des travailleurs et de leurs droits. Entre autres dispositions liberticides, nous notons:
  • la limitation de l’objet de la grève à des « revendications collectives d’ordre professionnel» ou à la « défense d’intérêts professionnels et collectifs légitimes » ;
  • l’interdiction de la grève à certains personnels (douanes, police, eaux et forêts, sapeurs-pompiers), de même qu’aux responsables administratifs et à certaines catégories de travailleurs ;
  • l’institution d’une obligation de négociations préalables ;
  • l’octroi à l’Etat de la possibilité de recruter du personnel pour remplacer les travailleurs grévistes ;
  • l’allongement des délais de préavis ;
  • la limitation du droit de grève dans les services essentiels ;
  • etc.
Ainsi, la proposition de loi viole les droits des travailleurs consacrés par la constitution et les conventions du BIT que notre pays a ratifiées, notamment les conventions N° 87 et 98. De plus, elle porte des germes de politisation encore plus poussée de l’administration, de division, de confrontation professionnelle, voire de guerre civile. Pour les raisons sus-évoquées qui, du reste, ne sont pas exhaustives, l’Unité d’Action Syndicale (UAS) rejette fermement cette proposition de loi. Par conséquent, elle exige de l’Assemblée Nationale son retrait pur et simple. Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, L’exposé des motifs de cette proposition de loi indique clairement que celle-ci est en rapport avec les luttes que de nombreux secteurs d’activités mènent actuellement. Malheureusement, les options envisagées dans cette loi procèdent d’un mauvais diagnostic des différentes grèves en ce que ledit diagnostic, très curieusement, ne prend en compte que les effets et non les causes de ces interruptions de travail. L’Unité d’Action Syndicale (UAS) est résolue à combattre cette proposition de loi qui remet en cause un droit fondamental des travailleurs, à savoir le droit de grève. Si par extraordinaire, votre institution devait ignorer l’opposition ci-dessus exprimée des syndicats pour l’adopter, elle portera devant l’histoire, la lourde responsabilité de la dégradation du climat social qui en résultera. En tout état de cause, l’UAS se réserve le droit, en fonction de l’évolution de la situation, de saisir les organes de l’Organisation Internationale du Travail d’une plainte contre les autorités burkinabè quant à leur volonté manifeste de remettre en cause les libertés syndicales. Veuillez croire, Excellence Monsieur le Président, en notre ferme engagement et détermination à contrer toute velléité de remise en cause des libertés dans notre pays. Ouagadougou, le 9 mai 2017 Ampliations :
  • Présidence du Faso ;
  • Premier Ministère ;
  • Chef de File de l’Opposition ;
  • Coalition Nationale de lutte Contre la Vie Chère (CCVC) ;
  • Représentant du Bureau International du Travail à Abidjan ;
  • Presse
Ont signé : Pour les Centrales syndicales : CGT-B                                                 Bassolma BAZIE Secrétaire Général CNTB                                                 Augustin Blaise HIEN Secrétaire Général CSB Olivier Guy OUEDRAOGO Secrétaire Général FO/UNS                                             El Hadj Inoussa NANA Secrétaire Général ONSL                                                   Paul N. KABORE Secrétaire Général USTB Yamba Georges KOANDA Secrétaire Général Pour les Syndicats Autonomes : SYNTAS Juste Koumara LOGOBANA Secrétaire Général/SYNTAS

JT de 20h du 09 mai 2017

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JT de 19h du 09 mai 2017

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Journée nationale du paysan à Kaya : De grandes innovations en perspective

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Des arricides et maïs frais
La 20eme édition de la Journée nationale du paysan (JNP) se tient du jeudi 11 au samedi 13 mai 2017 à Kaya, chef-lieu de la région du Centre-Nord. Placée sous le thème « Journée nationale du paysan : 20 ans d’existence, bilan et perspectives », cette grand-messe annuelle du secteur rural réunira autour du Chef de l’Etat et des membres du gouvernement, plus de mille producteurs agro-sylvo-pastoraux venus des quarante-cinq (45)  provinces du Burkina Faso, pour évoquer les grandes questions  du développement rural. Le programme de cette 20eme édition de la JNP prévoit un meeting le vendredi 12 mai 2017 ; meeting au cours duquel les acteurs du développement rural vont apprécier l’état du secteur et décliner leur vision pour son essor. A cette occasion, le gouvernement procèdera à un don d’intrants et de matériel agricoles aux producteurs. Les plus méritants d’entre eux recevront des distinctions honorifiques. A l’issue de cette cérémonie, le président du Faso procèdera à l’ouverture solennelle de la foire agro-sylvo-pastorale, vitrine du savoir-faire de nos braves paysans. L’entretien direct entre le Chef de l’Etat et les acteurs du monde rural, dans la matinée du samedi 13 mai 2017, marquera le clou de l’évènement. A ce propos, les acteurs vont effectuer, conformément au thème de la présente édition, un diagnostic sans complaisance de la JNP. Il s’agira de déceler ses insuffisances, d’inventorier ses acquis et d’envisager une stratégie pour son optimisation et son innovation en vue d’en faire une véritable tribune de développement du monde rural. Du reste, cette œuvre d’« introspection » a déjà pris forme au cours des foras régionaux préparatoires de l’évènement tenus du 27 avril au 03 mai 2017 dans les 13 régions du Burkina, et à l’occasion de plusieurs initiatives de pré-évaluation.

La JNP, une initiative inclusive et intégrée

La JNP est confrontée à deux problèmes majeurs. Le premier est lié à l’absence de structure pérenne, notamment un secrétariat permanent chargé du suivi des actions, des engagements et des recommandations. Le second tient à l’inexistence d’une ligne budgétaire particulièrement dédiées à la mise en œuvre des décisions prises. Malgré ces insuffisances, la JNP a réussi son ancrage dans l’agenda des acteurs du développement rural. Pour preuve, la manifestation se tient de façon régulière, grâce à une forte volonté politique acquise à sa cause et à l’adhésion massive du monde paysan. En effet, la JNP constitue en elle-même une initiative inclusive et intégrée, englobant l’ensemble des filières agro-sylvo-pastorales, halieutiques et fauniques, ainsi que leurs acteurs. Son caractère participatif est renforcé par son organisation de façon tournante dans les régions.

Les acquis de la JNP

La JNP a inéluctablement un impact positif sur le secteur rural, à travers la mise en œuvre des engagements et recommandations pris à l’occasion de sa tenue. A titre illustratif, les engagements pris par les acteurs du développement rural en 2014 à Fada N’Gourma ont abouti à l’aménagement de 2 710 ha  de bas-fonds, à la  mise en valeur de plus de 2 000 ha de terre ainsi que la construction d’un centre de valorisation de produits agricoles nationaux dans la région du Centre. Toujours à propos de la mise en œuvre des recommandations de la JNP 2014, il y a eu la mise à disposition des producteurs, à coût subventionné, de 14 322 tonnes de semences améliorées, 28 837 tonnes d’engrais minéraux, 22 992 unités de matériel agricole et 10 950 animaux de trait. Par ailleurs, la Banque agricole, appelée de tout son vœu par la Confédération paysanne du Faso (CPF) à la 19eme édition de la JNP, est sur le point d’être opérationnalisée. Les intrants agricoles, sollicités par les producteurs en 2016 à Tenkodogo,   ont été subventionnés à leur profit à hauteur de 13 milliards de francs CFA au cours de la campagne 2016-2017. Toujours au titre de la mise en œuvre des recommandations adressées au gouvernement en 2016, on peut citer la formation de 150 entrepreneurs agricoles aux techniques managériales et de 45 acteurs aux techniques de transformation des céréales. Dans la même dynamique, le gouvernement a aussi soutenu l’organisation de 22 journées promotionnelles de produits agricoles à travers le Burkina Faso. Enfin, dans le domaine des politiques agricoles, le gouvernement a régionalisé le processus d’élaboration du Programme national du secteur rural (PNSR) afin qu’il soit la photographie fidèle des priorités des populations rurales, conformément aux recommandations formulées à la 19eme JNP. Kaya reste un tournant décisif, car soucieux du rayonnement de la JNP, le gouvernement et les acteurs non étatiques du secteur rural devront adopter à cette 20ème édition, des innovations majeures censées renforcer la haute valeur référentielle de l’évènement qui a déjà inspiré de nombreux pays de la sous-région. Il s’agit de faire de la JNP une biennale, d’en créer un Secrétariat Permanent et d’en déterminer à l’avance le thème lors des éditions en cours. En rappel, la Journée Nationale du Paysan s’est tenue pour la première fois à Léo en 1993. A l’instar de la première, les deux éditions suivantes  organisées en mars 1996 à Djibo dans la région du Sahel et en avril 1998 à Dédougou dans la région de la Boucle du Mouhoun ont porté sur les préoccupations des paysans, sans être axées sur un thème précis. Mais depuis sa quatrième édition qui a eu lieu en avril 1999 à Bogandé dans la région de l’Est, la JNP a abordé des thématiques allant de l’utilisation des semences de qualité à l’intensification et à la diversification des productions agricoles en passant par la promotion de la petite irrigation et de la filière bétail viande. Ministère de l’Agriculture et des aménagements hydrauliques