L’installation de la commission chargée des réformes de l’armée, la sécurisation du territoire, le putsch manqué, l’élavation du Premier ministre Zida au grade de général de division (…), le chef d’état-major général des armées, le général de brigade Pingrenoma Zagré, en parle dans cette interview réalisée par le quotidien d’Etat Sidwaya.
 Quelle compréhension faut-il avoir du projet de retrait définitif des forces armées nationales de la politique ?
Pingrenoma Zagré (P. Z.) : Permettez-moi de remercier toute la presse pour l’accompagnement que les forces armées nationales ont toujours reçu dans l’accomplissement de leurs activités, aussi bien au plan national que sur les différents théâtres d’opération à l’extérieur. Ce qui permet de donner une lisibilité aux activités que nous menons.
S’agissant de cette cérémonie d’installation solennelle de la commission chargée de la réforme des forces armées nationales qui a été présidée le mardi 8 décembre 2015 par le président du Faso,  cette reforme est soutenue par trois axes. Il s’agit de l’interdiction des militaires à s’ingérer dans la politique. Cette option s’appuie sur les expériences  que les FAN ont connues au cours des années antérieures, qui ont été marquées par des rôles multiples joués par des militaires à divers niveaux de la vie nationale.
Et des analyses précédentes, notamment l’étude prospective sur la défense nationale, un document de référence qui va servir à cette commission, était déjà arrivée à ce constat sur les effets négatifs de l’ingérence des militaires dans la vie politique. Du reste, cette disposition paraît dans la dernière loi adoptée cette année. Nous nous réjouissons que la commission mise en place puisse approfondir la question en vue de permettre aux FAN de s’en tenir à leur rôle, c’est-à-dire être subordonnées à l’autorité politique et être soumises au contrôle du pouvoir législatif.
Le deuxième axe de cette réforme concerne la bonne gouvernance militaire. Cela prend en compte les différents déterminants sur lesquels les FAN doivent s’appuyer afin d’être efficaces dans l’accomplissement de leurs missions. Il s’agit d’une bonne maîtrise des ressources humaines, de la logistique ainsi que des questions relatives à l’opérationnalisation des forces et à l’exercice du commandement.
Le troisième axe porte sur le renforcement de la responsabilité. Vous avez pu être témoins, notamment au cours de cette année 2015, avec les crises successives que nous avons connues, qu’il est important pour chaque chef militaire d’être