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Les experts de l’agriculture de la CEDEAO et leurs partenaires techniques et financiers tiennent du 4 au 6 juin une assise à Ouagadougou . Il s’agit pour cette organisation de trouver des réponses aux crises alimentaires et nutritionnelles qui sévissent dans la zone communautaire et dans le Sahel devenues récurrentes.  

Plusieurs pays de l’espace CEDEAO et du Sahel traversent ou subiront encore une insécurité alimentaire et nutritionnelle cette année. C’est pour trouver des solutions à ce fléau que se tient cette réunion de haut niveau à Ouagadougou. Elle se porte sur l’examen et l’adoption des modalités de fonctionnement et de l’opérationnalisation de la réserve régionale de sécurité alimentaire de la CEDEAO.

Ainsi donc les experts et les partenaires sont appelés à examiner et à valider entre autres la mise en place des organes de gouvernance tels que le comité de gestion et de direction. Il s’agira également de la mise en place d’un règlement technique relatif à l’opérationnalisation de la réserve régionale. Ils tenteront de prendre des mesures urgentes en réponse à la crise alimentaire et traditionnelle en cours dans la région.

Le représentant du ministre de l’Agriculture Pierre Emmanuel Ouédraogo a réaffirmé l’engagement du Burkina à accompagner le processus.  » En témoignent son implication dans l’entreposage dans les magasins de la SONAGESS de 5297 tonnes de céréales, la réserve régionale de Dédougou et l’accord de siège du secrétariat du réseau des structures publiques chargées de la gestion des stocks de sécurité alimentaire au Sahel et en Afrique de l’Ouest » dira-il.

Pour le Commisaire de la CEDEAO chargé de l’Agriculture et de l’Environnement, Sékou Sangaré, la région de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel a connu une campagne agricole et pastorale 2017-2018 difficile. Elles ont été caractérisées par un arrêt précoce des pluies d’où une production agricole totale estimée à 67.7 millions de tonnes. Les baisses de la production ont été enregistrées notamment en Gambie (-29,17%), au Burkina Faso (-11,03%), en Guinée Bissau (-7,01%) et au Sahel. Au Cap vert par contre aucune production de céréales n’a été enregistrée en raison de son absence totale de pluie.

Pour le commissaire Sangaré, 7,1 millions de personnes dont 6,1 millions dans l’espace CEDEAO étaient déjà à la période de pré-soudure en mars 2018, en phase 3 sur 5 de l’échelle de sécurité alimentaire et nutritionnelle. C’est pourquoi il prévient que « si des réponses immédiates et appropriées ne sont pas apportées, le nombre de personnes qui seront sous assistance alimentaire urgente pourrait passer à 10,6 millions de personnes dans l’espace CEDEAO, UEMOA-CILSS dont 9,1 millions dans le seul espace CEDEAO.

Y. Alain Didier Compaoré

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