Les élections municipales du 22 mai 2016 du Burkina Faso constituent le point d’achèvement du cycle électoral amorcé avec la tenue des élections générales (présidentielle et législatives) le 29 novembre 2015. Une centaine d’organisations et coalitions ont convenu le 3 juillet 2015 de mettre en place la Convention des Organisations de la Société Civile pour l’Observation Domestique des Elections (CODEL). Sous l’impulsion de Diakonia et du National Democratic Institute (NDI), avec l’appui technique de OneWorld UK et de Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), les organisations de la société civile ont décidé de la mutualisation de leurs projets de monitoring et d’observation des élections à travers la mise en place d’une plateforme pour un suivi harmonisé, proactif et citoyen du processus électoral. La Situation Room de la CODEL est installée au Splendid Hôtel depuis le 20/05/2016 pour suivre l’ensemble du processus électoral, en temps réel.
Le 22 mai 2016, la CODEL a déployé 1056 observateurs et observatrices sur l’ensemble du territoire national, 3 par commune (mais Ouagadougou et Bobo Dioulasso sont respectivement couverts par 9 et 6 observateurs), couvrant ainsi 349 des 351 communes.
Se basant sur les rapports envoyés par les observateurs déployés sur le terrain et couvrant toutes les 13 régions et 45 provinces, la CODEL fait les constats suivants sur la fermeture des bureaux et le dépouillement des bulletins de vote :
En ce qui concerne la fermeture, 93% des bureaux de vote ont fermé à 18h00. 6% ont cependant fermé avant 18h00 et 1% après 18h00. Il importe de noter qu’à 18h00, il existait des files d’attente dans 8% des bureaux de vote et les électeurs ont été autorisés à voter dans 74% de ces cas.
S’agissant du dépouillement, nos observateurs ont fait les constats suivants :
Le dépouillement s’est passé régulièrement sans incidents dans 80% des bureaux ;
Les membres du bureau de vote ont noté le nombre d’électeurs ayant signé la liste d’émargement dans 99% des bureaux de vote ;
Le nombre d’émargement correspond au nombre de bulletins trouvés dans l’urne dans 96% des bureaux de votes ;
La décision d’annuler un bulletin était toujours prise par consensus dans 99% des bureaux de vote ;
Les délégués des candidats présents ont tous reçu une copie des résultats dans 95% des bureaux de vote ;
Les délégués des candidats et les membres du bureau de vote ont tous signé le procès-verbal dans 97% des bureaux de vote ;
Les résultats étaient affichés devant le bureau de vote dans 92% des bureaux de vote ;
Les enveloppes destinées aux autorités compétentes étaient sécurisées dans 99% des bureaux de vote ;
Le dépouillement a eu lieu en public dans la quasi-totalité des bureaux de vote (100%) ;
Il y avait des réclamations consignées dans le procès-verbal dans seulement 6% des bureaux de vote ;
Par ailleurs, il y avait au moins 2 scrutateurs dans 98% des bureaux de vote.
Sur l’appréciation du scrutin, 62% des observateurs ont trouvé que le processus était satisfaisant, 20% très satisfaisant et 15% assez satisfaisant. Seuls 3% des observateurs ont estimé que le processus n’était pas très satisfaisant.
Globalement, le scrutin est jugé au moins « assez satisfaisant » par nos observateurs dans 97% des bureaux de vote.
Pour la CODEL
Le Président
Me Halidou OUEDRAOGO
Dans le Houet, les électeurs de Badara Sambla n’ont pas pu voter ce 22 mai 2016. Il ressort que le village était rattaché à la commune de Badara Sindia dans la province du Kénédougou. Il a récemment été rattaché à la province du Houet. Les habitants de Badara Sindia qui ne digèrent pas cet détachement ont empêcher la tenue du scrutin dans les locaux de leur établissement. Pour les frondeurs, administrativement, l’école leur appartiennent et il n’est pas question que les électeurs de Badara Sambla, qui relèvent maintenant du Houet, votent dans leur établissement. L’équipe de la RTB-Télé a été sommée de quitter le village.
Le président de la CENI, Me Barthélémy KERE faisant le point de la clôture du scrutin aux hommes de médias
Le président de la Commission nationale indépendante (CENI), Me Barthélémy KERE a animé un point de presse dans la soirée de ce dimanche 22 mai 2016. L’objectif de cette rencontre avec la presse est de faire le point de la clôture du scrutin à 18heures sur l’ensemble du territoire national et apporter des éclairages sur les bisbilles constatées dans la commune rurale de Dapélgo ainsi que la tentative de fraude à Manga.« L’appréciation à chaud faite par la CENI du déroulement du scrutin est globalement positive ». Tels sont les mots du président de la CENI, Me Barthélémy KERE après la clôture du scrutin sur toute l’étendue du territoire.Me Barthelemy KERE, Président de la CENI
Celui-ci a, néanmoins, indiqué que le scrutin de ce jour a enregistré quelques problèmes dans la commune de Dapélgo, commune dans laquelle où sur les 44 bureaux de vote que compte la commune, 11 n’ont pu être ouverts jusqu’à 14h. « J’ai personnellement effectué le déplacement de Dapélgo, pour m’entretenir avec les partis dans la commune », a-t-il précisé.
Au cours des échanges, le président de la CENI a demandé aux « fauteurs de troubles » de laisser le scrutin se dérouler normalement. Au bout du compte, souligne-t-il « j’ai reçu de la part des responsables des partis politiques concernées, une promesse d’action à l’endroit de leur militant pour les inviter à se départir de tout comportement portant atteinte à l’exercice du droit de vote des électeurs ».
Les Hommes de médias et observateurs présents au point de presse de l’après-midi du dimanche 22 mai.
Pour ce qui est de Manga dans le Zoundwéogo et de Ouagadougou, Me Barthélémy KERE a rappelé que des individus ont été « appréhendés pour avoir dépossédé des électeurs de leur carte d’électeur ; lesquelles cartes ont été remises à leur titulaires afin qu’il puisse voter ».
Tout compte fait, le président KERE a noté une faible affluence des électeurs dans les bureaux de vote à ces élections municipales comparativement à celles présidentielle et législatives couplées du 29 novembre 2015.
Afin d’éviter toute suspicion de tripatouillage des résultats, la CENI a donné rendez-vous demain 23 mai, à 18heures, au Quartier général de la CENI à Ouagadougou pour la proclamation des résultats.
Bènonè Ib Der Bienvenue MEDAH
Mesdames et messieurs les journalistes
Le scrutin de ce dimanche 22 mai 2016 est clos depuis 18h00mn sur l’ensemble du territoire national. En entendant de revenir plus en détails, à d’autres occasions, sur les différentes leçons à tirer sur le déroulement global de ce scrutin, il me parait légitime de féliciter à cet instant précis, tous les électeurs qui se sont rendus aux urnes, pour accomplir leur devoir civique.
Leur acte rendra possible, la mise en place des conseils municipaux dans les 365 communes et arrondissements où le scrutin a été administré sans problème majeur. Certaines localités qui n’ont pas vécu l’ambiance électorale de ce jour, devront attendre encore une autre fois, pour s’adonner à cet exercice d’expression démocratique. Je pense notamment à Zogoré, Béguédo, Bouroum-Bouroum et à toutes les localités où des électeurs ont été empêchés d’une manière ou d’une autre de voter.
L’appréciation à chaud faite par la CENI du déroulement du scrutin est globalement positive; ce, dans la mesure où le dispositif électoral mis en place pour permettre à chaque électeur de voter dans les meilleures conditions a fonctionné normalement. Les quelques difficultés rencontrées étaient surtout liées comme je l’ai évoqué ce matin, à des insuffisances ou manques de matériels et documents électoraux qui ont été résolus très rapidement.
Les membres des bureaux de vote, les forces de sécurité ont tous exercé leur mission dans leurs postes respectifs, conformément aux instructions et directives qui leur ont été communiquées.
La CENI et ses démembrements ont joué et continuent jouer à fond leur partition, dans l’organisation des élections municipales jusqu’à la proclamation des résultats provisoires.
Le scrutin de ce jour, a malheureusement enregistré quelques problèmes dans la commune de Dapélgo où sur les 44 bureaux de vote que compte la commune, 11 n’ont pas ouvert jusqu’à 14 h. j’ai personnellement effectué le déplacement de Dapélgo, pour m’entretenir avec les partis politiques dans la commune. Je leur ai tout simplement demandé d’interpeller les fauteurs de troubles pour qu’ils laissent le scrutin se dérouler normalement. J’ai reçu de la part des responsables des partis politiques concernés, une promesse d’action à l’endroit de leur militant pour les inviter à se départir de tout comportement portANT atteinte à l’exercice du droit de vote des électeurs.
A Manga dans la province du Zoundwéogo et à Ouagadougou dans le Kadiogo, des individus ont été appréhendés pour avoir dépossédé des électeurs de leur carte d’électeur ; les dites cartes ont été remises à leur titulaire afin qu’ils puissent voter.
Le constat majeur que nous pouvons faire du déroulement de ces élections municipales est la faible affluence des électeurs dans les bureaux de vote comparativement aux élections présidentielle et municipales couplées du 29 novembre 2015 et aux élections législatives et municipales couplées du 02 décembre 2012.
En tous les cas, nous pouvons nous réjouir du déroulement du scrutin qui permet au peuple de s’exprimer sur le choix de ses dirigeants. En soit, cela constitue une victoire de plus pour le peuple burkinabè, une victoire de la démocratie.
Le travail de la CENI consistera à partir de maintenant, à la centralisation des résultats des Bureaux de vote aux centres communaux de compilation des résultats (CCCR) et des centres de compilation au quartier général de la CENI à Ouagadougou. La CENI proclamera les résultats le plutôt possible, pour éviter les suspicions de tripatouillage des résultats.
Pour l’heure , je réitère mes sincères remerciements à tous les acteurs du processus électoral ( aux partis politiques , aux regroupements d’indépendants, aux organisations de la société civile , aux observateurs nationaux et internationaux, aux électeurs , aux membres des bureaux de vote , aux forces de sécurité, aux medias, aux partenaires techniques et financiers, aux démembrements de la CENI, aux membres et personnels administratifs et techniques de la CENI) pour leur implication réelle dans la mise en œuvre exemplaire du processus électoral malgré les difficultés et les insuffisances constatées ça et là et qui relèvent de la nature de l’œuvre humaine.
Merci à toutes et à tous !Ouagadougou, le 22 mai 2016
Heure : 19h00mn
Les élections municipales du 22 mai 2016 du Burkina Faso constituent le point d’achèvement du cycle électoral amorcé avec la tenue des élections générales (présidentielle et législatives) le 29 novembre 2015. Une centaine d’organisations et coalitions ont convenu le 3 juillet 2015 de mettre en place la Convention des Organisations de la Société Civile pour l’Observation Domestique des Elections (CODEL). Sous l’impulsion de Diakonia et du National Democratic Institute (NDI), avec l’appui technique de OneWorld UK et de OSIWA, les organisations de la société civile ont décidé de la mutualisation de leurs projets de monitoring et d’observation des élections à travers la mise en place d’une plateforme pour un suivi harmonisé, proactif et citoyen du processus électoral. La Situation Room de la CODEL est installée au Splendid Hôtel depuis le 20/05/2016 pour suivre l’ensemble du processus électoral, en temps réel.
Le 22 mai 2016, la CODEL a déployé 1056 observateurs et observatrices sur l’ensemble du territoire national, 3 par commune (mais Ouagadougou et Bobo Dioulasso sont respectivement couverts par 9 et 6 observateurs), couvrant ainsi 349 des 351 communes.
Se basant sur les rapports envoyés par les observateurs déployés sur le terrain et couvrant toutes les 13 régions et 45 provinces, la CODEL fait les constats suivants sur le respect des procédures de vote :
Dans 82% des bureaux de vote les électeurs ont toujours présenté leurs mains vides avant de voter. Le respect de cette procédure permet de vérifier que les électeurs n’ont pas déjà voté, ce que l’absence d’encre indélébile peut démontrer.
L’identité des électeurs a été contrôlée correctement dans la quasi-totalité des bureaux de vote (99%). Ce contrôle permet d’éviter qu’un électeur usurpe l’identité d’une autre personne pour voter frauduleusement.
Dans pratiquement 100% des bureaux de vote, les électeurs n’ont reçu qu’un seul bulletin de vote. C’est un moyen d’éviter le risque de voir un électeur voter plus d’une fois et d’assurer l’égalité des citoyens, notamment le principe « un électeur, une voix ».
Dans 97% des bureaux de vote, tous les électeurs ont émargé sur la liste des électeurs. Ce procédé est édicté par le code électoral et est utilisé de deux manières : soit l’électeur signe sur la liste électorale, soit il y appose, à défaut, son empreinte.
Dans 99% des bureaux de vote, tous les électeurs ont trempé leurs doigts dans l’encre indélébile. Strictement observée, cette procédure permet de prouver qu’un citoyen a voté. Elle a aussi un effet dissuasif sur les velléités de votes multiples.
Dans 98% des bureaux de vote, le président et un membre du bureau ont signé (paraphé) tous les bulletins avant que les électeurs ne les prennent pour voter, conformément à la loi. Parapher les bulletins permet de garantir qu’aucun électeur ne puisse introduire dans l’urne un bulletin autre que celui officiel.
35% des bureaux de votes ont enregistré le vote d’au moins une personne vivant avec un handicap. Dans 97% de ces bureaux de vote, elles ont bénéficié de l’assistance d’une personne de son choix, conformément aux dispositions du code électoral. Cette assistance est un moyen d’assurer l’égalité des chances des citoyens en matière de jouissance de leurs droits politiques.
La CODEL a reçu, à travers la Situation Room, des informations relatives à des actes de violence à Dapelogo (région du Plateau central). En effet, des individus ont empêché le depôt des bulletins de vote dans la localite, ce qui a conduit à une impossibilité de tenir le scrutin. La CENI s’attele cependant a niveler ces difficultes.
La CODEL regrette que les opérations de vote n’aient pu être également tenues dans le village de Karangasso Sambla (région Hauts-Bassins), suite à un refus par les habitants de la tenue du scrutin dans la localité.
La CODEL déplore le manque d’implication profonde des partis politiques pour eviter les événements malheureux de ce genre. Elle rappelle que favoriser la tenue effective du scrutin dans toutes les localités conditionne le développement à la base.
La CODEL s’inquiete de la relative faible affluence notée à la mi-journée et garde l’espoir que les citoyens ont fait massivement le déplacement pour s’acquitter de leur devoir civique de voter.
La CODEL exhorte l’ensemble des parties prenantes du processus électoral à continuer à oeuvrer pour un scrutin apaisé, transparent et équitable.
Tout en saluant la tenue du présent scrutin de proximité, la CODEL continue d’exercer ses missions de surveillance domestique qui continueront jusqu’à la fermeture des bureaux de vote, le dépouillement des bulletins et la proclamation des résultats.
22 Mai 2016
Pour la CODEL
Le Président
Me Halidou OUEDRAOGO