Compte rendu du Conseil des ministres du 11 mai 2016
Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 11 mai 2016, en séance ordinaire, de 9 H 30 mn à 13 H 30 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations, et autorisé des missions à l’étranger.
I. DELIBERATIONS
I.1. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DU DEVELOPPEMENT
Le Conseil a adopté quatre (04) rapports.
Le premier est relatif au rapport statistique sur les indicateurs de la pauvreté monétaire au Burkina Faso en 2014.
L’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) a conçu avec l’appui technique de l’Agence suédoise de développement international (ASDI) une enquête permanente et annuelle sur les conditions de vie des ménages dénommée Enquête multisectorielle continue (EMC).
Cette enquête menée auprès de 10 800 ménages en 2014 révèle que 40,1% de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté correspondant à un montant monétaire de cent cinquante trois mille cinq cent trente (153 530) francs CFA par an et par personne.
Comparé aux chiffres de 2009, le taux de pauvreté a baissé de 7 points de pourcentage.
Le Conseil a instruit les ministres en charge du dossier de prendre les mesures nécessaires pour la poursuite de l’Enquête multisectorielle continue en 2016 et la réalisation en 2017 d’une enquête sur le secteur informel et l’emploi et une autre sur les conditions de vie des ménages.
Le deuxième rapport concerne le décret portant déclaration d’utilité publique, le projet de construction de l’Echangeur du Nord.
Estimé à un coût total de soixante dix (70) milliards de francs CFA, la construction de l’échangeur du Nord situé dans les arrondissements n°02, 03 et 04 de la commune de Ouagadougou vise à structurer le réseau de voiries urbaines de la ville de Ouagadougou et à décongestionner la circulation sur certains axes routiers dont la RN-02, la RN-22 et le Boulevard des TANSOBA qui se rencontrent au niveau du pont de Baskuy.
L’adoption de ce décret permet la mise en œuvre dudit projet.
Le troisième est relatif aux résultats de l’appel d’offres national N°2015-019/MRA/SG/DMP du 12/08/2015 pour les travaux de réalisation de trois (03) complexes de marchés de vente et d’abattage de volaille à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso au profit du Programme d’appui aux filières agro-sylvo-pastorales (PAFASP).
Le Conseil a marqué son accord pour l’attribution du marché aux entreprises suivantes avec un délai d’exécution de trois (03) mois :
Lot 1 : Groupement ZZ SARL/ENTREPRISE EGC-BGC pour les travaux de réalisation d’un (01) complexe de vente et d’abattage de volaille à Ouagadougou, dans l’arrondissement n°7 pour un montant de trois cent quatre-vingt-quatorze millions sept cent quatre-vingt-sept mille neuf cent cinquante-sept (394 787 957) francs CFA TTC ;
Lot 2 : Entreprise SOGEDAF SARL pour les travaux de réalisation d’un (01) complexe de vente et d’abattage de volaille à Ouagadougou, dans l’arrondissement n°8 pour un montant de quatre cent cinquante millions deux cent trois mille huit cent trente et un (450 203 831) francs CFA TTC ;
Lot 3 : Entreprise ESA SERVICES SARL pour les travaux de réalisation d’un (01) complexe de vente et d’abattage de volaille à Bobo-Dioulasso pour un montant de trois cent soixante-onze millions soixante-sept mille trois cent quarante (371 067 340) francs CFA TTC.
Le financement est assuré par la Banque mondiale.
Le quatrième rapport est relatif à un décret portant classement indiciaire des emplois de fonctionnaires d’Etat.
L’adoption de ce décret permet de fixer pour compter du 1er janvier 2016, les indices minima et maxima de la hiérarchie générale des emplois des fonctionnaires d’Etat à 181 et 2850, conformément à l’article 37 de la loi N°081-2015/CNT du 24 novembre 2015 portant statut général de la Fonction publique de l’Etat.
I.2. AU TITRE DU MINISTERE DE LA FONCTION PUBLIQUE, DU TRAVAIL ET DE LA PROTECTION SOCIALE
Le Conseil a adopté un décret portant tableaux de reversement des agents de la Fonction publique d’Etat.
Son adoption permet de fixer les modalités de reversement des agents de la Fonction publique dans les dispositions de la loi N°081-2015/CNT du 24 novembre 2015 portant statut général de la Fonction publique d’Etat.
I.3. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION
Le Conseil a adopté un rapport relatif à la situation d’occupation du site de l’Université Ouaga II.
En plus des importants investissements déjà réalisés sur ce site, l’Assemblée nationale vient d’autoriser la ratification d’un accord de prêt de 12,5 milliards de francs CFA avec la BADEA et le Fonds de l’OPEP pour la construction d’une unité de formation et de recherche en sciences et techniques, d’une cité de 1 552 lits, d’un restaurant universitaire de 800 places et d’espaces de jeux.
En outre, le Programme présidentiel en faveur de l’enseignement supérieur prévoit la construction à partir de juillet 2016 de bâtiments pédagogiques, d’amphithéâtres et de cités universitaires supplémentaires.
Toutefois, l’implantation des infrastructures pédagogiques et des œuvres universitaires rencontre des difficultés d’ordre foncier qui ont conduit à l’arrêt des travaux sur le site depuis mars 2014.
Sous ce rapport, le Conseil a instruit les ministres concernés, sous la coordination du Chef du gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour un règlement diligent du problème foncier en vue de permettre à l’Université Ouaga II d’occuper son site dans les meilleurs délais.
I.4. AU TITRE DU MINISTERE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE ET DE L’ARTISANAT
Le Conseil a adopté un rapport portant gestion de la rupture des contrats de travail à la Société de transformation des fruits et légumes de Loumbila (STFL).
Le Conseil a instruit les ministres en charge du dossier de prendre les dispositions idoines pour le paiement des arriérés des salaires, l’implication de l’actionnaire privé dans l’apurement du passif de la Société et l’engagement de discussions avec la BIDC en vue de restructurer cette entreprise et d’accélérer le processus de sa privatisation.
- COMMUNICATIONS ORALES
- 2. Le Secrétaire général du gouvernement et du Conseil des ministres a fait au Conseil le bilan de la 19ème Journée nationale du paysan tenue du 28 au 30 avril 2016 à Tenkodogo, dans la Région du Centre-Est.
- AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES, DE LA COOPERATIION ET DES BURKINABE DE L’EXTERIEUR
- Monsieur Oumarou SORO, Mle 254 886 J, Sociologue, est nommé Ambassadeur, Directeur de Cabinet.
- AU TITRE DU MINISTERE DE LA FONCTION PUBLIQUE, DU TRAVAIL ET DE LA PROTECTION SOCIALE
- Madame Colette FOROGO/YELKOUNI, Mle 24 150 E, Inspecteur de travail, 1ère classe, 11ème échelon, est nommée Inspecteur général des services ;
- Monsieur Jacques-Sosthène DINGARA, Mle 56 688 U, Administrateur des services financiers, est nommé Secrétaire permanent de la modernisation de l’Administration et de la bonne gouvernance ;
- Monsieur Wendenmanegdé Yves Justin KINDA, Avocat, est nommé Secrétaire technique de l’assurance maladie universelle ;
- Monsieur Lassané SAVADOGO, Mle 23 898 U, Professeur, est nommé Directeur général de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS) ;
- Monsieur Soumaila GANSORE, Mle 216 845 W, Inspecteur du travail, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur du suivi-évaluation et de la coordination des projets et programmes ;
- Monsieur Abdel-Kader BEOGO, Mle 217 028 Z, Conseiller en gestion des ressources humaines, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur des affaires juridiques et des litiges ;
- Monsieur Justin Cyprien ILBOUDO, Mle 54 487 P, Professeur des Sciences de l’éducation, 1ère classe, 9ème échelon, est nommé Secrétaire général de l’Ecole nationale de l’administration et de magistrature (ENAM).
- AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION
- Monsieur Gueswindé Raphaël OUERMI, Mle 39 677 M, Inspecteur du Trésor, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Directeur général du Fonds national pour l’éducation et de la recherche (FONER) ;
- Monsieur Arsène Ratalignian OUEDRAOGO, Mle 91 680 H, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 1er échelon, est nommé Directeur de l’administration et des finances de l’Université de Koudougou.
- AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE
- Monsieur Narcisse Mathurin NARE, Mle 37 551 H, Médecin spécialiste en santé publique, catégorie P6, grade terminal, 1er échelon, est nommé Chargé de missions.
- AU TITRE DU MINISTERE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE ET DE L’ARTISANAT
- Monsieur Hippolyte DAH, Mle 27 766 A, Conseiller des affaires économiques, 3ème classe, 4ème échelon, est nommé Chargé de missions ;
- Monsieur Gnessa Bernard ZOUGOURI, Mle 27 871 S, Conseiller des affaires économiques, 2ème classe, 8ème échelon, est nommé Chargé de missions ;
- Madame Amélie TAMBOURA/SAWADOGO, Mle 16 592 F, Conseiller des affaires économiques, 2ème classe, 7ème échelon, est nommée Conseiller technique ;
- Monsieur Marcellin SANOU, Mle 256 071 C, Ingénieur informaticien, 1ère classe, 1er échelon, est nommé Directeur des services informatiques.
- AU TITRE DU MINISTERE DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES
- Monsieur Jean-Marie BATIEBO, Mle 74 821 L, Docteur vétérinaire, 1ère classe, 11ème échelon, est nommé Secrétaire permanent des ressources génétiques animales ;
- Monsieur Joseph SAVADOGO, Mle 52 118 D, Docteur vétérinaire, 1ère classe, 12ème échelon, est nommé Directeur général des services vétérinaires ;
- Monsieur René DONDASSE, Mle 040 426 S, Inspecteur des impôts, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur des marchés publics ;
- Monsieur Zacharie COMPAORE, Mle 26 902 G, Vétérinaire, 3ème grade, 5ème échelon, est nommé Directeur du Centre de promotion de l’aviculture villageoise.
- AU TITRE DU MINISTERE DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT
- Monsieur Souleymane KARAMBIRI, Mle 44 003 X, Enseignant, 1ère classe, 11ème échelon, est nommé Chargé de missions.
- MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DU DEVELOPPEMENT
- MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION
- Monsieur Bangba KAFANDO;
- Monsieur W. Assane KIENTGA.
- MINISTERE DE L’ENERGIE, DES MINES ET DES CARRIERES
- MINISTERE DES TRANSPORTS, DE LA MOBILITE URBAINE ET DE LA SECURITE ROUTIERE
- MINISTERE DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT
Education nationale : le SYNATEB condamne la gestion chaotique du MENA et averti qu’aucune dérive ne sera tolérée
Le SYNATEB alerte sur la « dérive qu’amorce » le « système éducatif » national burkinabè. A travers la déclaration ci-après, il dénonce « un mépris total » de la part des autorités et une « gestion calamiteuse » du ministère en charge de l’éducation nationale. Les frais d’encadrement des élèves stagiaires des ENEP n’ont pas été versés aux encadreurs depuis 2 trimestres et le SYNATEB s’insurge contre la violation du protocole d’accord signé avec le ministère. Le syndicat regrette également la non tenue de la conférence pédagogique annuelle des enseignants et l’incapacité du MENA à mettre les vivres à la disposition des élèves du primaire. Il interpelle le Ministre pour une gestion efficace et efficiente des ressources humaines et averti qu’aucune dérive ne sera tolérée par le SYNATEB. Il appelle les Directeurs d’école à se désengager du transport des vivres des élèves. Il invite en outre les directeurs des écoles d’application et les Chefs des CCEB à garder par dévers eux les fiches de notation des stagiaires jusqu‘au paiement intégral des prises en charge.
Déclaration
Le système éducatif burkinabè vit une des périodes les plus critiques de son histoire. En effet, depuis le pouvoir de la quatrième république, la gestion du système éducatif a atteint un degré insupportable et a fini par convaincre le monde de l’éducation de la démission des autorités en charge du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA). Les dirigeants de la transition n’ont pas pu faire mieux et se sont illustrés dans une gestion clientéliste des ressources humaines et une organisation chaotique des sessions de formation continues dénoncées par la coordination des syndicats de l’éducation de base. Aujourd’hui encore, au moment où le gouvernement TIEBA, est censé tirer les enseignements des échecs au MENA, nous assistons au déni de la fonction enseignante et à un amateurisme flagrant dans la gestion de ce secteur.Camarades militants et militantes,
Sympathisants et Sympathisantes,
Au lendemain de son conseil syndical ordinaire, le SYNATEB a déposé le 05 avril 2016 les préoccupations des travailleurs de l’éducation de Base synthétisées dans sa plateforme revendicative auprès du Ministre de l’Education de Base et de l’Alphabétisation, assortie d’une demande d’audience. A l’heure où nous écrivons cette déclaration, les nouvelles autorités, dans un mépris total des représentants des travailleurs n’a pas daigné répondre à la demande d’audience du SYNATEB ni apporter des réponses ces préoccupations pressentes de l’heure. La gestion calamiteuse de notre département ministériel laisse libre cours aux spéculations de tout genre dans la presse, sur les réseaux sociaux et sur le terrain. Face à cette situation préoccupante, le Bureau National vient par cette déclaration attirer l’attention de l’opinion publique et des décideurs de la dérive qu’amorce notre système éducatif. Les frais d’encadrement des élèves stagiaires des ENEP constituent le fruit d’une lutte qui a abouti à un protocole d’accord entre le MENA et le SYNATEB. Mais force est de constater que le MENA reste redevable de deux trimestres de prise en charge aux maîtres conseillers violant ainsi les termes de ce protocole. Aussi, à un mois des vacances scolaires, nous constatons avec regret la non tenue de la conférence pédagogique annuelle des enseignants. Ce cadre étant institué afin d’assurer une formation continue des enseignants, face à une science évolutive qu’est la pédagogie, cette conférence ne saurait être négligée en faveur d’autres activités. En plus, incapable de mettre les vivres à la disposition des élèves du primaire en début d’année, le MENA appelle les Association des parent d’élèves (APE) et les Directeurs d’Ecole à s’organiser pour passer les enlever dans les magasins centraux en cette fin d’année. Les termes des accords des cantines scolaires sont clairs en la matière. Les vivres sont sous la responsabilité du Directeur d’Ecole après réception et ce, avant 18 heures les jours ouvrables. Au regard de la fuite de responsabilité du MENA, nous sommes en droit de nous poser certaines questions : Est-ce le rôle d’un Directeur d’Ecole de transporter des vivres ? Quelles garanties le MENA offre quant aux risques liés à l’enlèvement, le transport, au stockage et à la sécurisation des vivres ?Camarades militantes et militants
La gestion clientéliste des affectations étant devenue très courante au MENA, nous tenons à interpeler le Ministre sur les affectations du niveau national qui se profilent à l’horizon. Le favoritisme, l’affairisme et le clientélisme doivent faire place à une gestion efficace et efficiente des ressources humaines au MENA. Aucune dérive ne sera tolérée par le SYNATEB.Camarades militants et militantes,
Le SYNATEB, condamne avec la dernière énergie la gestion chaotique du MENA. Il exige l’ouverture d’un dialogue franc autour de ses plateformes. Il prend l’opinion publique à témoin quant aux conséquences que l’entêtement du MENA viendrait à produire. Par conséquent, le SYNATEB face à l’histoire, met en garde les responsables du MENA contre tout sabotage de la conférence pédagogique annuelle des enseignants et exige le paiement sans délais des frais d’encadrement des stagiaires dans les écoles d’application. Il lance en outre un appel à la mobilisation de tous les travailleurs de l’éducation de base et invite :- tous les Directeurs d’école à se désengager du transport des vivres des élèves ;
- tous les directeurs des écoles d’application et les Chefs de Circonscription d’Education de Base (CCEB) à garder par dévers eux les fiches de notation des stagiaires jusqu‘au paiement intégral des prises en charge ;

















