Information et appel à collaboration de la Police

0
Des individus armés non encore identifiés ont ouvert le feu sur un élément de l’Unité d’Intervention Polyvalente de la Police Nationale cette nuit à Ouagadougou. Au cours des échanges de tirs, l’élément a grièvement atteint un des assaillants qui a été emporté par moto par ses complices. En attendant un communiqué officiel qui viendra donner davantage de précisions sur cette attaque, votre vigilance et votre concours seront d’un grand apport à nos équipes présentement en ratissage. Si vous croisez des individus transportant un blessé apparemment touché par balle (la personne saignera abondamment), des individus qui cherchent des soins pour ce type de blessure, ou encore un individu blessé par balle abandonné quelque part, informez immédiatement les forces de défense et de sécurité aux numéros verts suivants: 17, 1010, 16 et le numero 73769288. Source: Police Nationale

Le MBDHP «salue le courage des éléments de l’USIGN dont l’intervention a certainement permis de sauver de nombreuses vies» (Communiqué)

0
Dans la nuit du 21 au 22 mai 2018, des éléments de l’Unité spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale (USIGN) ont effectué une opération à Ouagadougou, dans le quartier de Ragnongo. De sources officielles, cette opération a coûté la vie à trois (3) terroristes présumés et fait cinq (5) blessés dont un (1) civil. Elle a également permis l’arrestation d’un présumé terroriste ainsi que la saisie d’un important armement. Fort malheureusement, cette opération s’est aussi soldée par la mort du Maréchal de Logis-Chef, François de Salle OUEDRAOGO. Le terrorisme a donc, une fois de plus, endeuillé des Burkinabè. Le MBDHP, en ces moments particulièrement douloureux, présente ses condoléances les plus attristées à la famille du gendarme décédé ainsi qu’à l’ensemble des forces de défense et de sécurité de notre pays. Il souhaite un prompt rétablissement aux personnes blessées. Le Mouvement salue le courage des éléments de l’USIGN dont l’intervention a certainement permis de sauver de nombreuses vies. Il les exhorte à poursuivre leurs actions de protection des personnes avec professionnalisme et dans le respect des règles de l’Etat de droit. Le MBDHP appelle l’ensemble de ses militantes et militants à la vigilance et à contribuer à la lutte contre les actes terroristes qui ôtent de vies et plongent la Nation dans une profonde désolation. Fait à Ouagadougou le 23 mai 2018 Le Comité exécutif national

Déclaration de syndicats sur la violation de libertés syndicales au Burkina

0
Le monde du travail, l’opinion nationale et internationale ont été servis d’une annonce tonitruante par le Ministre de la Communication, Porte-Parole du Gouvernement, Remis Fulgance DANDJINOU, à l’issue du Conseil des Ministres du 9 mai 2018. En effet, suite à une requête d’avis adressée par le Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Protection Sociale (MFPTPS), Seni Mahamoudou OUEDRAOGO, par « lettre n°2018-087/MFPTPS/CAB du 04 avril 2018 », le gouvernement a annoncé avec un plaisir affiché que selon le Conseil d’Etat « le sit-in n’est pas légal au Burkina ». Sur la base de cet avis, des correspondances ont été adressées aux organisations syndicales pour interdire les sit-in qu’elles projetaient. Ce fut le cas au Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération, au ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, au Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, au ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat. A l’évidence, l’avis du Conseil d’Etat est utilisé comme réponse du gouvernement aux manifestations que les travailleurs de divers secteurs d’activités organisent autour de leurs préoccupations légitimes. Quelle appréciation pouvons-nous faire de l’avis juridique du Conseil d’Etat et de l’utilisation qui en est faite ?

I. Au plan du droit ou l’argumentaire juridique du Conseil d’Etat:

L’argumentaire du Conseil d’Etat qui fonde son avis juridique consiste essentiellement à affirmer que la législation nationale ne reconnaît pas le sit-in. Il explique que : « Le mot « sit-in », d’origine anglaise et signifiant « s’asseoir sur » est défini dans le dictionnaire le petit Larousse illustré comme étant « une manifestation non violente consistant à s’asseoir en groupe sur la voie publique.». Cette notion telle que définie, ne figure pas dans notre législation nationale ; en effet, seule la grève, définie comme étant une cessation concertée du travail en vue d’appuyer des revendications professionnelles et d’assurer la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs, est reconnue aussi bien dans le statut général de la Fonction Publique d’Etat (article 70) que dans le Code du Travail ..De ce qui précède, il s’ensuit que le « sit-in » n’est pas légal au Burkina Faso et que les agents qui s’adonnent à ces pratiques sont dans l’illégalité totale ; et commettent une faute passible de sanction disciplinaire dont le quantum est laissé à l’appréciation du supérieur hiérarchique des agents concernés. » ; Lorsqu’on considère la législation nationale et celle internationale (normes suprationales), on ne peut qu’être sidéré par un tel argumentaire. En effet :
  • La légalité du sit-in avec les normes nationales :
  1. l’alinéa 1 de l’article 5 de la constitution proclame : «Tout ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas.»;
  2. l’article 7 de la même loi fondamentale affirme : « La liberté de croyance, de non croyance, de conscience, d’opinion religieuse, philosophique, d’exercice de culte, la liberté de réunion, la pratique libre de la coutume ainsi que la liberté  de cortège et de manifestation (souligné par nous) sont garanties par la présente Constitution, sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public, des bonnes mœurs et de la personne humaine » ;
  3. En conformité avec la loi fondamentale, la loi N°22/97/II/AN du 21 Octobre 1997- portant liberté de réunion et de manifestation sur la voie publique a été adoptée pour réglementer l’usage du droit de réunion et de manifestation sur la voie publique. Cette loi précise à son :
  • article 4 : « Au sens de la présente loi, une réunion ou une manifestation est illicite lorsque les organisateurs n’ont pas pris la précaution d’en faire la déclaration à l’autorité administrative compétente dans les conditions prévues aux articles 7 et 10 ci-dessus. ».
  • article 10 : « Tout cortège, défilé, rassemblement de personnes, et d’une façon générale, toute manifestation sur la voie publique et dans les lieux publics sont soumis à une déclaration préalable adressée au Ministre chargé des Libertés Publiques lorsque la manifestation a un caractère national ou international et au Chef de la Circonscription Administrative ou de la collectivité locale du lieu concerné dans les autres cas ».
La question que l’on se pose légitimement est celle-là : le sit-in compte-t-il oui ou non parmi les rassemblements ou manifestations sur la voie publique ? Nous croyons savoir que c’est sur la base de cette loi que s’organisent dans notre pays les marches, les marches-meetings, les meetings, les sit-in, les cross-populaires, les cortèges, les djandjobas, les concerts, etc. etc.
  • La légalité du sit-in avec les normes internationales (supranationales)
Hormis la législation nationale, nous nous étonnons que le Conseil d’Etat n’interroge pas les conventions internationales sur la question notamment celles qui ont été ratifiées par notre pays. En effet :
  1. La réponse du Bureau International du Travail (BIT) à l’ex-Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Sécurité Sociale (MFPTSS), Monsieur Vincent ZAKANE à sa requête sur la « légalité du sit-in » :
Le 8 août 2014, le ministre de la fonction publique du Travail et de la sécurité sociale de l’époque a sollicité l’avis technique du Bureau International du Travail sur la légalité du sit-in comme forme d’exercice du droit de grève. En réponse par correspondance N° TUR 1-6 105 du 22 octobre 2014 portant « sujet : avis technique sur la légalité des sit-in », La commission d’experts pour l’application des conventions et recommandations (CEACR) a observé « que les mouvements de grève s’accompagnent souvent de la présence, à l’entrée des lieux de travail, de piquets de grève destinés à assurer le succès de l’action en persuadant les travailleurs concernés de ne pas travailler. Selon la commission d’experts, tant que la grève reste pacifique, les piquets de grève et l’occupation des locaux devraient être permis. Les limitations aux piquets de grève et à l’occupation des locaux ne peuvent être acceptées que si les actions perdent leur caractère pacifique. … En conséquence, la commission d’experts estime que les autorités ne devraient recourir à la force publique en cas de grève que dans les circonstances exceptionnelles et des situations graves où l’ordre public est gravement menacé, et qu’un tel recours à la force doit être proportionnel à la situation [voir étude d’ensemble de la CEACR, Conférence Internationale du Travail, 101e Session, juin 2012]… A cet égard, le Comité a eu à préciser que les piquets de grève organisés dans le respect de la loi ne doivent pas voir leur action entravée par les autorités publiques… Aussi, le seul fait de participer à un piquet de grève et d’inciter fermement, mais pacifiquement, les autres salariés à ne pas rejoindre leur poste de travail ne peut être considéré comme une action illégitime… [voir Recueil de décisions et de principes du Comité de la liberté syndicale, 5e édition (révisée), 2006, parag. 648, 649, 650 et 651]. » La correspondance conclut en ces termes: « enfin, je me permets de vous rappeler les commentaires de 2013 de la CEACR concernant l’application par votre pays de la Convention (n°87) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, 1948, dans lesquels la Commission rappelle la nécessité de modifier l’article 386 du Code du travail afin de supprimer l’interdiction d’occupation des lieux de travail ou de leurs abords immédiats, sous peine des sanctions pénales [voir demande directe de 2013 de la CEACR sur l’application de la Convention n°87]… ». Cette correspondance était signée de Madame Cléopatra DOUMBIA-HENRY, Directrice du département des normes internationales du travail au nom de monsieur le Directeur général.
  1. Les autres points des principes et recommandations sur le droit de grève 
Cet avis est conforme à la convention N°87 portant sur la liberté syndicale qui, à son article 3 précise : «  Les organisations de travailleurs et d’employeurs ont le droit d’élaborer leurs statuts et règlements administratifs, d’élire librement leurs représentants, d’organiser leur gestion et leur activité, et de formuler leur programme d’action.  Les autorités publiques doivent s’abstenir de toute intervention de nature à limiter ce droit ou à en entraver l’exercice légal ». Cette position est précisée par le comité de la liberté syndicale en ces termes :
  • « Pour ce qui concerne les modalités du droit de grève, refusées aux travailleurs (paralysies intempestives, grèves perlées, grèves des bras croisés, grèves du zèle, occupation de l’entreprise ou du lieu de travail, grèves sur le tas), le comité a considéré que ces limitations ne se justifieraient que si la grève perdait son caractère pacifique (Recueil de décisions et de principes du Comité de la liberté syndicale du Conseil d’administration du BIT, cinquième édition révisée, 2006, paragraphe 545).
  • « le piquet de grève peut être considéré comme une modalité du droit de grève et l’occupation des lieux de travail comme son prolongement naturel , (actions rarement remises en cause dans la pratique), sauf cas extrême de violence sur la personne ou de dommages aux biens … les restrictions aux piquets de grève et à l’occupation des locaux devraient être limitées aux cas où les actions perdent leur caractère pacifique » (idem, page 45)
Au-delà du signataire de l’avis qui est M. Souleymane COULIBALY, les Organisations syndicales signataire de la présente déclaration s’inquiètent de ce que le Conseil d’Etat n’ait pas jugé utile de prendre en considération, dans son analyse, les textes ci-dessus évoqués,  permettant ainsi au gouvernement d’utiliser l’avis émis à des fins inacceptables dans un Etat de droit. Elles s’inquiètent d’autant que le Conseil d’Etat est « la juridiction supérieure en matière administrative » et qu’il est composé de magistrats mais aussi de «fonctionnaires ou de personnalités ayant une expérience professionnelle d’au moins 15 ans, désignés en raison de leur compétence en matière juridique ou administrative».

II. De l’utilisation politique de l’avis juridique

L’avis juridique du Conseil d’Etat et l’usage qu’en fait le Gouvernement est la preuve patente une fois de plus que le pouvoir MPP et ses alliés sont résolument engagés à saccager les acquis démocratiques dans notre pays, et ce, par tous les moyens. Sur la base de cet avis, le gouvernement adresse systématiquement des correspondances de menaces à l’endroit des organisations syndicales qui avaient des sit-in en vue sans preuve de non-respect de la législation en vigueur par les grévistes. Nous observons  que dans ces correspondances, les  ministres, pour donner du poids à leurs menaces, mentionnent comme ampliataires le Collectif CGT-B sans pourtant lui transmettre lesdites correspondances.  Cela est tout simplement grave et inadmissible de la part d’une administration. Nous constatons malheureusement que nos dirigeants sont devenus maintenant coutumiers de ce genre d’impairs ! Forte de ces observations, les organisations syndicales signataires exigent du gouvernement qu’il reconsidère sa volonté de restreindre les libertés syndicales et de manifestation. Elle exige que l’arrêté portant sur les retenues de salaires pour fait de grève qui a fait l’objet d’amendements des parties syndicale et gouvernementale soit signé pour permettre une gestion saine du droit dont disposent les travailleurs d’organiser des rassemblements sur leurs lieux de travail. En tout état de cause, nos organisations se donneront les moyens qui sont les leurs de défendre ce droit fondamental et d’amener les autorités à se pencher sur les préoccupations légitimes qu’elles leur soumettent. La détérioration plus poussée du climat social qui pourrait en découler ne sera que de la seule responsabilité du gouvernement. Les secrétaires généraux lancent un appel à toutes les structures professionnelles et géographiques afin qu’elles se mobilisent pour la défense des libertés démocratiques et  syndicales, instruments indispensables pour la conquête et la préservation des acquis et droits des travailleurs. En avant pour la défense intransigeante des libertés démocratiques et syndicales ! Vive les travailleurs mobilisés pour leurs droits ! Ouagadougou, le 23 mai 2018 Ont signé, les organisations ci-après : 1 Confédération Générale du Travail du Burkina (CGT-B) 2 Syndicat des Agents du Trésor du Burkina (SATB) 3 Syndicat des Agents du Ministère des Affaires Etrangères (SAMAE) 4 Syndicat National des Travailleurs de l’Enseignement de Base (SYNATEB) 5 Syndicat Autonome des Travailleurs de l’Information et de la Culture (SYNATIC) 6 Syndicat National des Travailleurs de l’Action Sociale (SYNTAS) 7 Syndicat National des personnels d’Administration de Gestion de l’Education et de la Recherche (SYNAPAGER)  8 Syndicat National des Télécommunications (SYNATEL) 9 Syndicat National des Travailleurs des Industries polygraphiques du Burkina (SYNATIPB) 10 Syndicat National des Travailleurs des Douanes (SYNATRAD) 11 Syndicat National des Contrôleurs et inspecteurs du Travail (SYNACIT) 12 Syndicat National des Agents du Ministère de l’Industrie du Commerce et de l’Artisanat (SYNAMICA) 13 Syndicat National des Secrétaires du Burkina (SYNASEB) 14 Syndicat des Professionnels des TIC (SYNPTIC) 15 Syndicat des Travailleurs des Postes (SYNTRAPOST) 16 Syndicat National des Administrateurs Civils, de Secrétaires et Adjoints Administratifs du Burkina (SYNACSAB) 17 Syndicat des Sages Femmes, Maïeuticiens et Accoucheuses du Burkina (SYSFMAB) 18 Syndicat Autonome des Travailleurs de l’Education de Base (SATEB)

Déclaration du MPP suite à la contre-offensive des FDS à Rayongo

0
Le coup de semonce des forces de défense et de sécurité contre le terrorisme Les FDS ont embrayé la vitesse supérieure dans la lutte contre le terrorisme au Burkina. En intervenant professionnellement et efficacement, mardi 22 mai 2018 au petit matin, contre une cellule dormante du terrorisme dans la périphérie de Ouagadougou, les autorités burkinabè ont tiré le coup de semonce contre les terroristes qui endeuillent nos populations. Le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) se félicite de ce que le Burkina retrousse les manches pour donner la raclée aux  bandits terroristes.  Rayongo marque le début de la contre-offensive du Burkina qui va resserrer davantage l’étau autour des terroristes. Du reste, le Président du Faso, au sortir de chaque épreuve, déclarait que le Burkina n’aura de cesse de traquer des terroristes. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la chasse aux cellules dormantes est lancée. Le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) apprécie à sa juste valeur le soutien sans faille que le Président du Faso, Chef suprême des armées accorde à nos FDS bien décidées à barrer la route aux terroristes de tous acabits. Notre parti  est solidaire du Président du Faso et  félicite M. Roch Marc Christian KABORE  pour sa clairvoyance dans la gestion du dossier terroriste. Le Mouvement du Peuple pour le Peuple (MPP) exprime sa reconnaissance aux vaillants éléments de l’USIGN (Unité spéciale d’intervention de la Gendarmerie nationale)  dont le professionnalisme exemplaire  a permis de  neutraliser la horde de délinquants qui se préparait  sans doute à endeuiller  encore notre peuple. Le MPP, au sortir de cet exercice périlleux, a une pensée pieuse pour le gendarme tombé sur le champ d’honneur. Il  exprime les sincères condoléances du parti  à sa famille et à ses compagnons d’armes. Le parti du Soleil levant  reste  solidaire des blessés et leur souhaite un prompt rétablissement. Il exprime ses encouragements et sa sympathie au personnel soignant en charge des blessés. Indéniablement, le Burkina Faso marque des points dans la lutte contre le terrorisme. Cette montée en puissance de nos FDS est à mettre au crédit des effectifs de qualité qui les composent et également à l’actif de nos services en charge du renseignement qui abattent un énorme travail de fourmis. C’est le lieu de saluer ici aussi les populations burkinabè qui acceptent collaborer et renseigner les FDS. Le MPP  fait remarquer que c’est seulement au  prix de la conjugaison des efforts (FDS-populations) que le Burkina parviendra à réduire à néant les terroristes. Le Burkina relève la tête, les Burkinabè s’en félicitent, mais le combat est loin d’être gagné. Le MPP renouvèle la posture de vigilance aux populations dans la surveillance du territoire national. Le MPP estime que, dans cette guerre contre le terrorisme, chaque Burkinabè doit se considérer comme un poste de veille avancé pour la sécurité de notre cher pays, le Burkina. Le Secrétariat à l’Information et à la Communication du MPP 

JT de 20h du 23 mai 2018

0

JT de 19h du 23 mai 2018

0

Démantèlement de cellule terroriste à Rayongo: « les terroristes projetaient une attaque dans le mois de juin » Maïza Sérémé, Procureur du Faso

0
Le Procureur du Faso a animé une conférence de presse ce mercredi 23 mai 2018 à Ouagadougou sur le démantèlement du réseau terroriste à Rayongo dans l’arrondissement 11 de Ouagadougou. Les terroristes, de nationalité burkinabè et malien, projetaient une attaque dans le mois de juin 2018, selon  le procureur. Voici l’intégralité de sa déclaration. Depuis les attentats du 02 mars 2018 contre l’Etat-major Général des Armées et l’Ambassade de France au Burkina Faso, une équipe d’investigation des services de renseignements de la Gendarmerie Nationale et de la Police Nationale, des services de police judiciaire et l’Agence National de Renseignement a été mise en place. Le travail de cette équipe d’investigation a permis d’identifier la planque des présumés terroristes dans une mini villa dans le quartier Rayongo de l’Arrondissement n°11 de Ouagadougou.
Après avoir vérifié et confirmé l’information, une opération d’interpellation a été organisée dans la nuit du 21 au 22 mai 2018 et exécutée par l’Unité Spéciale d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (USIGN). Les individus, qui étaient au nombre de quatre (04) retranchés dans leur maison, ont refusé d’ouvrir leur porte après sommation ; au contraire, ils ont directement ouvert le feu. Il s’en est suivi des échanges de tirs nourris entre les éléments de l’USIGN et les occupants de la cour, qui ont duré jusqu’au petit matin avec un bilan de trois assaillants abattus, un capturé, un décès des suites de blessures du Maréchal des logis-chef OUEDRAOGO François de Salle de l’USIGN et six (06) blessés dont quatre (04) gendarmes et deux (02) civils. Mon parquet abriant le Pôle judiciaire spécialisé dans la répression des actes de terrorisme a immédiatement ouvert une enquête de flagrance pour association de malfaiteurs terroristes, assassinats, tentative d’assassinats, vols aggravés, détention illégale d’armes à feu et de munitions le tout en relation avec une entreprise terroriste et pour financement du terrorisme. Des constatations matérielles sur les lieux ont permis la découverte d’un véritable arsenal de guerre composé de deux (02) fusils de type AK47, un fusil mitrailleur PKMS, deux (02) pistolets automatiques, un (01) revolver, mille quatre-vingt-dix-sept (1097) cartouches de 7,62 et 9 mm, vingt-huit (28) chargeurs pour fusil AK47, des pains plastiques, des clous, des cordons détonants, des détonateurs, des grenades, des tenues militaires de l’armée burkinabè et de l’armée française, des appareils et du matériel de communication. Plusieurs plaques d’immatriculation de vélomoteurs et de voitures, une motocyclette et un vélomoteur, un véhicule de marque Nissan Alméira du même modèle que celui utilisé contre l’Etat-major Général des Armées le 02 mars 2018 ont été découverts. Les premiers éléments de l’enquête font ressortir que les quatre individus qui occupaient la villa depuis le 10 mai 2018, sont de nationalité burkinabè et malienne. Les burkinabè OUEDRAOGO Youssouf et SAWADOGO Abdoulaye alias Abdallah ont été abattus ; la troisième personne abattue, de nationalité malienne se nommerait SANDRA Malick ; la personne interpellée, de nationalité malienne également s’est présentée sous le nom de CISSE Mohamed. De même il est établi qu’ils projetaient une attaque dans la capitale, courant mois de juin 2018 contre des cibles importantes. Il faut souligner que le cerveau présumé du groupe, en la personne de SAWADOGO Abdoulaye alias Abdallah est impliqué dans l’attaque de la Brigade Territoriale de gendarmerie de Samorogouan du 09 octobre 2015. Il fait aussi partie du groupe de terroristes, démantelé dans le quartier de Kilwin le 23 octobre 2016. L’enquête révèle également un lien entre les occupants de la villa et les assaillants des attaques terroristes du 02 mars 2018. Ils appartiendraient au même groupe terroriste (Al Mourabitoun, un des groupes terroristes composant le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (Nusrat al-Islam Wal-Muslim). Une des plaques d’immatriculation trouvée dans la villa est celle du vélomoteur utilisé dans l’attaque de l’Etat-major Général des Armées. Une autre plaque saisie dans la même villa renvoi à un véhicule aux caractéristiques identiques à celui de marque Nissan Almeïra qui a explosé au sein de l’Etat-major Général des Armées. Il faut préciser également que pour des vérifications d’identité, plusieurs personnes (une trentaine) ont été maintenues à la disposition de la police judiciaire. Nous tenons à féliciter nos Forces de défenses et de sécurité et nos services de renseignements pour le travail abattu et invitons par conséquent la population à une saine et franche collaboration avec les différents services impliqués dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. Nous nous inclinons devant la mémoire du Maréchal des logis-chef OUEDRAOGO François de Salle, présentons nos condoléances à la famille éplorée et souhaitons prompt rétablissement aux blessés. Je vous remercie