Toéçin yaar : les hangars de la discorde

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Toéçin yaar, le nouveau site en finition
Les commerçants de Toéçin Yaar sont mécontents de l’attribution des boutiques et hangars sur le nouveau site du marché. Toéçin Yaar, un marché situé dans l’ex Arrondissement Sig Noghin de Ouagadougou doit déménager bientôt sur le nouveau site en finition, juste à côté. 170 commerçants, menacés de déguerpissement, se plaignent de ne pas être sur la liste des 2 599 commerçants recensés. Pour d’autres, l’attribution d’un hangar à 2 personnes est une source d’angoisse.   « Nous, nous sommes deux pour un hangar d’une personne. Nous sommes appelés à mourir! Supposons que les enfants de l’une d’entre nous veulent occuper la place de leur maman. On ne pourra pas le contester car le hangar appartient à nous deux. Comment allons-nous faire ? S’ils pouvaient scinder la place en deux, cela va nous éviter les problèmes ». C’est en ces termes que Aminata SAWADOGO, vendeuse de condiments à Toéçin yaar, nous évoque ce 8 juin 2016 – l’air dépité – son inquiétude suite à l’attribution des places sur le nouveau site du marché Toéçin yaar.
Aminata SAWADOGO : « C’est un véritable souci pour nous, car c’est avec ce commerce que nous nous débrouillons pour payer la scolarité de nos enfants »
Aminata SAWADOGO : « C’est un véritable souci pour nous, car c’est avec ce commerce que nous nous débrouillons pour payer la scolarité de nos enfants »
En effet, Aminata est attributaire d’un hangar qu’elle doit partager avec une autre dame sur le nouveau site. Selon ses explications, c’est à elle que la commission d’attribution a affecté le hangar d’une superficie de 3m² (2m sur 1,5m). Elle brandit la quittance, de paiement des frais d’attribution (7 500 F CFA) établie à son nom, qu’elle dénoue du bout de son pagne. Sur le verso est inscrit le nom du 2e attributaire, Agnès KABORE. Recto quitance AminataVerso Quitance Aminata et AgnèsFace à la situation, elles ont entrepris des démarches qui sont restées infructueuses. « Nous avons suppliés les autorités pour trouver une solution mais en vain. Elles nous ont simplement dit que si nous ne voulons pas le hangar, de laisser d’autres personnes vont prendre », relate Aminata SAWADOGO.
Mariam OUEDRAOGO et Fatoumata OUILI arrêtées devant la place qu'elles doivent partager chacune avec une autre dame
Mariam OUEDRAOGO et Fatoumata OUILI arrêtées devant la place qu’elles doivent partager chacune avec une autre dame

Les travaux de la Commission d’attribution décriés

15 personnes sont dans cette situation de double attribution à Toéçin yaar, après le recensement effectué en 2013. 7 commerçants attendent toujours leurs places tandis que 170 occupants de l’ancien site n’ont pas été recensés. Pourtant, plus de 3 300 places ont été aménagées sur le nouveau site du marché pour 2 599 personnes recensées, explique Salif SODRE, président du Comité pour la Défense et l’Approfondissement des Acquis de l’Insurrection Populaire (CDAIP) d’octobre 2014 de Toéçin Yaar.
Salif SODRE, Président du CDAIP Toéçin Yaar, est l'un des 170 personnes non recensées
Salif SODRE, Président du CDAIP Toéçin Yaar, est l’un des 170 personnes non recensées
Selon ses calculs, il doit rester 701 places non attribuées et il ne comprend pas que les personnes non recensées – comme lui – ne puissent pas y avoir accès. Il dénonce donc les travaux de la commission d’attribution et estime que le travail n’a pas été fait dans les règles de l’art. Salif SODRE et ses collègues tiennent le Conseil municipal pour responsable de cette mauvaise gestion des attributions. Ils exigent le sursis au déguerpissement annoncé pour fin juin et la résolution des problèmes créés par la commission d’attribution. Ils réclament un audit du processus d’aménagement et d’attribution des places sur le nouveau site.
Toéçin yaar, en attendant le démenagement
Toéçin yaar, en attendant le démenagement
Les commerçants comptent mener la lutte jusqu’à la satisfaction de leurs problèmes, a conclu le président de la CDAIP de Toéçin yaar. Nous avons effectué le déplacement à la mairie de Sig Noghin pour écouter la version du service en charge de la voirie, mais les membres du service étaient absents.
Une vue de Toéçin Yaar, sur la RN 2 (Ouaga-Ouahigouya)
Une vue de Toéçin Yaar, sur la RN 2 (Ouaga-Ouahigouya)
Adama BARRO et Aboubakar SANFO

Indépendance de la justice: les magistrats dénoncent des tentatives de remise en cause

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Depuis un certain temps, la justice burkinabè est au centre d’une cabale tendant à la dénigrer afin d’atteindre un objectif inavoué : celui de restaurer la présidence du Chef de l’Etat et la vice-présidence du ministre de la justice au Conseil supérieur de la magistrature. Les actions préparatoires sont, entre autres, constituées par la manifestation devant le palais de justice de Ouagadougou autorisée par les autorités administratives et les graves déclarations des premiers responsables de notre pays. Concernant la manifestation, les acteurs du monde judiciaire ont eu la désagréable surprise de constater qu’une autorisation avait été donnée à l’Association pour la promotion de la démocratie et de la participation citoyenne dirigée par Mme Lopez/Zongo Safiatou par la délégation spéciale de la commune de Ouagadougou pour contester les décisions de liberté provisoire de certains inculpés du tribunal militaire de Ouagadougou. A l’occasion de cette manifestation téléguidée qui a eu lieu le jeudi 02 juin 2016, Mme Lopez/Zongo Safiatou a déclaré que : « ça nous fera mal que le palais de justice connaisse le même sort que l’Assemblée nationale mais si la justice ne nous donne pas le choix, on n’aura pas le choix ». Cette manifestation est intervenue après une sortie médiatique du ministre de la justice à l’occasion de laquelle il a déclaré qu’il y a la loi mais que les juges doivent tenir compte des aspirations du peuple comme s’il était alors impossible au pouvoir politique de faire prendre en compte cette préoccupation en légiférant simplement pour imposer au juge de rendre la décision la plus « populaire » qui puisse être lorsqu’il est saisi. Concernant les réactions des plus hautes autorités de l’Etat, les acteurs judiciaires ont suivi avec beaucoup d’étonnement les propos de Monsieur Salifou Diallo, Président de l’Assemblée nationale, lors de la formation des jeunes du MPP sur les valeurs de base de la social-démocratie (du 03 au 05 juin 2016) qui disait notamment que : « on ne quittera pas le pouvoir des armes pour tomber dans le pouvoir des juges. Nos juges sont devenus des affairistes et pour que notre justice soit sociale et équitable, il faudrait qu’à la prochaine révision constitutionnelle, on mette des garde-fous afin que celle-ci réponde aux aspiration de notre peuple ». S’agissant de son Excellence Monsieur le Président du Faso, lors de son dernier voyage à Dakar le 03 juin 2012, il a déclaré face à nos compatriotes vivant au Sénégal que : « je voudrais simplement vous dire que lors de la transition, il a été décidé de réformer la justice pour la rendre indépendante, en retirant du Conseil supérieur de la magistrature le président de Faso et le ministre de la justice, parce qu’on considère que la présence de ces deux- là empêche l’indépendance de la justice. Aujourd’hui, au plan de la justice, les décisions qui se prennent là-bas, nous n’y sommes pas impliquées. Malheureusement, lorsqu’on a des gens en liberté provisoire, la tendance c’est de dire que c’est le gouvernement qui a dit de les libérer, or, nous-mêmes, on apprend les décisions comme tout le monde. C’est dire que sur le plan de l’application de ce que nous avons appelé l’indépendance de la justice, je crois qu’aujourd’hui, chaque burkinabè comprend pourquoi il est nécessaire que le Président du Faso et le ministre de la justice soient au Conseil supérieur de la magistrature. Parce que si vous avez un Etat où la magistrature est son propre patron, cela peut créer beaucoup de problèmes. Et je crois que lors des discussions constitutionnelles pour le passage à la 5ème République, ce seront des questions qui seront revues, au regard de la réalité et l’applicabilité sur le terrain ». Cette position a été reprise lors de son séjour aux Etats Unis d’Amérique où le Président du Faso est allé au-delà de ses premières déclarations en regrettant, contre toute attente, de s’être vu opposé le secret de l’instruction et l’indépendance du juge lorsqu’il a, suivant ses propres mots, convoqué les juges du tribunal militaire pour lui rendre compte de l’état du « dossier Sankara ». Au regard des différents actes et propos susvisés, les syndicats de magistrats voudraient rappeler que le programme politique du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), parti au pouvoir, ainsi que le pacte national pour le renouveau de la justice issu des états généraux sur la justice dont le MPP est signataire, consacrent la nécessaire indépendance du pouvoir judiciaire. Se dédire en si peu de temps et alors même que la mise en place des organes issus de la déconnexion du Conseil supérieur de la magistrature de l’exécutif est toujours en cours et ne permet donc pas en l’état de juger de l’efficacité de ces réformes pour les revoir éventuellement, laisse songeur. Sauf à dire qu’ils doivent être impliqués dans la prise de décisions, on ne voit pas quel est le rapport entre la critique faite à des décisions de justice, de surcroît du Tribunal militaire qui ne relève pas du Conseil supérieur de la magistrature, et le retour du Président du Faso et du ministre de la justice au sein dudit Conseil. Du reste, au sujet des dernières décisions, le pouvoir politique dans sa communication met sur la place publique des éléments tellement inexacts et erronés que les syndicats de magistrats ne peuvent s’empêcher de penser que c’est à dessein. En conséquence de ce que sus relevé, les syndicats de magistrats invitent les gouvernants du moment :
  • à s’entourer du maximum d’informations possibles, et à l’issue, à avoir le courage d’une communication vraie à la fois en droit et en fait ;
  • à maintenir la parole donnée quant à l’avènement d’une justice indépendante et à la traduire dans leurs actes et propos. A ce sujet, la qualité des échanges portant sur leurs décrets, mais également sur l’indépendance de la justice envisagée d’une manière plus globale, que les syndicats de magistrats ont eus à une époque plus ou moins récente avec le Président du Faso ne semblait pas pouvoir laisser entrevoir l’éventualité du débat en cours ;
  • à se souvenir enfin que l’un des maître-mots de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 était l’avènement d’une justice indépendante, et plus particulièrement, l’avènement d’une justice soustraite de toute emprise politique.
Les syndicats de magistrats n’ont pas envie d’une incompréhension permanente avec le pouvoir politique mais ils refuseront toujours avec la dernière énergie que l’indépendance de la justice, au lieu d’être renforcée, puisse être remise en cause. Non à des juges acquis ! Non à des juges faciles et dociles ! Non à une justice servile ! Oui à une justice indépendante au service de tous ! Ouagadougou, le 10 juin 2016 Le Secrétaire Général du Syndicat des Magistrats Burkinabè Christophe COMPAORE Le Secrétaire Général du Syndicat Burkinabè des Magistrats Moriba TRAORE Le Secrétaire Général du Syndicat Autonome des Magistrats du Burkina S Antoine KABORE  

JT de 20h du 13 juin 2016

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Lutte contre l’insécurité: les dérapages des Koglwéogo seront sanctionnées, avertit le ministre de la sécurité

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Le Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité Intérieure (MATDSI) communique : En dépit des dispositions, des textes législatifs et réglementaires en vigueur sur la protection de la vie et de l’intégrité physique des personnes ; Malgré la sensibilisation qui a cours sur les faits et gestes interdits en matière de lutte contre l’insécurité ; Des citoyens, sous le couvert de la lutte contre l’insécurité ou en réaction à une prétendue impunité, continuent de poser des actes répréhensifs en violation flagrante des lois et règlements qui régissent la vie en société. Le MATDSI rappelle à tous que tout acte posé dans le cadre de la lutte contre l’insécurité ayant entrainé la mort, des blessures ou autres faits humiliants ou dégradants sur un individu ou ayant causé la dégradation de biens meubles et immeubles, expose le ou les auteurs aux poursuites judiciaires et aux sanctions prévues par les textes en vigueur. Par conséquent, il est porté à la connaissance des personnes regroupées au sein des associations d’auto-défense communément appelées KOGLWEOGO, ce qui suit :
  • La détention et le port d’arme à feu doivent en tout temps et en tout lieu, être conformes à la règlementation en vigueur au Burkina Faso ;
  • Toute personne appréhendée en flagrant délit d’infraction à la loi pénale, doit être immédiatement remise aux forces de sécurité intérieure (la Gendarmerie nationale et la Police nationale) ;
  • Les personnes sur qui pèsent des soupçons d’infractions doivent être dénoncées et signalées aux forces de défense et de sécurité qui se chargeront de leur interpellation ;
  • Sont formellement interdits, les séquestrations, les sévices corporels, les traitements humiliants et dégradants, les cotisations forcées, les amendes, les taxes, les contributions aux dépenses et les remboursements de biens dissipés ;
  • Sont également interdits, les déplacements en groupe avec port ostensible d’armes à feu ou d’armes blanches.
Le MATDSI sait compter sur l’esprit de discernement des membres des associations KOGLWEOGO dans les actes qu’ils posent, afin d’éviter toute situation préjudiciable à l’ordre et à la paix publique qui ne saurait désormais être tolérée après toutes les explications et la sensibilisation faites. Fait à Ouagadougou, le 10 juin 2016 Le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité Intérieur Simon COMPAORE Commandeur de l’Ordre National

Baisse relative du prix du ciment au Burkina : fruit des effets positifs de la concurrence

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Depuis un certain temps, les consommateurs constatent une relative baisse du prix du ciment sur le marché burkinabè. La tonne de ciment oscille entre 100 000 et 110 000 f CFA (5.000 à 5.500 f CFA le sac de 50kg). Cette baisse en cette période d’hivernage où habituellement la demande est forte, est le fruit de la concurrence entre les revendeurs des cimenteries régulièrement installées au Burkina. A ce jour, notre pays compte 4 usines de fabrication de ciment à Ouagadougou. Ce nombre sera porté à 6 sur l’ensemble du pays avec la construction en cours à Bobo-Dioulasso de 2 cimenteries. Autant dire que les perspectives sont bonnes. Nonobstant ces acquis, le Gouvernement à travers le Ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat a entrepris des négociations pour une baisse des prix des matériaux de construction (tôles, fer à béton, ciment). Les discussions sont en cours avec l’ensemble des acteurs concernés. Le souci du Gouvernement est d’obtenir une baisse conséquente des prix de ces produits dans la perspective globale pour la réduction du coût de la vie. DCPM / Ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat.