Des encriers, des mouchoirs, des étiquettes pour les urnes, c’est le matériel qui manque à la CEPI (Commission électorale provinciale indépendante) du Koulpélogo. C’est un problème général a dit Norbert KONFE, président de la CEPI. Ils restent dans l’attente, après avoir informé depuis vendredi la CENI.
En plus de l’encrier, les mouchoirs et les étiquettes pour les urnes sont absents du matériel électoral du Koulpélogo. Un appel est donc lancé à la CENI pour vite remédier à cette difficulté, car 91.784 votants de la province attendent de remplir leurs devoirs civiques ce dimanche 29 novembre. 361 bureaux de votes, repartis dans huit (08) communes (Ouargaye, Soudigui, Sanga, Yargatenga, Komi-yanga, Lalgaye, Yondé et Dourtenga) sont prévus pour cet effet. Jonas Kafando, depuis le Koulpélogo.
« A Tougan, les bureaux de vote sont ouverts depuis 6h. Compte-tenu des récoltes qui se poursuivent, beaucoup d’électeurs ont voté tôt le matin. A l’heure actuelle, ce n’est pas la grande affluence. Des électeurs viennent au compte-gouttes pour accomplir leur devoir civique » Ives BARRO, Correspondant de la RTB à Tougan.
La journée électorale est une journée au cours de la laquelle la RTB propose à ses téléspectateurs de vivre en direct les opérations de vote à travers le territoire national. Un plateau spécial sera installé dans les studios productions animé par deux journalistes de la rédaction plus un relai. Ces animateurs joindront les reporters et les envoyés spéciaux sur le terrain au téléphone.
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry dans une tribune intitulée « Un moment décisif pour la démocratie en Afrique », a salué les efforts du Burkina Faso pour instaurer la démocratie.
En mai dernier, j’ai partagé un moment extraordinaire. J’ai eu le privilège, avec de nombreux dirigeants africains, d’être témoin de la première passation de pouvoir démocratique et pacifique entre deux partis au Nigeria. Je m’étais rendu plus tôt dans l’année à Lagos afin de souligner que, pour les États-Unis, le Nigeria est un partenaire stratégique de plus en plus important avec un rôle crucial à jouer dans la sécurité et la prospérité de la région. J’ai aussi déclaré qu’il était impératif que ces élections établissent un nouveau modèle pour la démocratie à travers le continent.
Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un moment décisif pour la démocratie en Afrique. Plus tard, ce mois-ci, quatre pays – la Guinée, la Tanzanie, la Côte d’Ivoire et la République centrafricaine – doivent organiser des élections présidentielles, et peu après nous espérons voir des élections au Burkina Faso. Les populations d’Afrique doivent saisir cette occasion pour faire entendre leurs voix, et les dirigeants de tout le continent doivent être à l’écoute.
Les défis sont réels. Depuis des décennies, la pauvreté, la famine, la guerre et un leadership autoritaire freinent l’avènement d’une ère de prospérité et de stabilité en Afrique.
Ces défis et d’autres ne doivent pas être sous-estimés, mais nous ne devons pas non plus ignorer les gains qui sont en train de se réaliser.
En Afrique, comme partout, on constate un désir ardent de gouvernements légitimes, honnêtes et efficaces. Il ne fait aucun doute que les progrès en matière de gouvernance démocratique entraîneront des bénéfices dans tous les autres domaines qui nous préoccupent.
Au Burkina Faso, des citoyens courageux et déterminés ont par deux fois affirmé leur volonté en s’opposant avec succès aux tentatives d’écourter le processus démocratique : l’année dernière, lorsque l’ancien président a essayé de modifier la limitation des mandats et de prolonger ses 27 ans au pouvoir ; et à nouveau le mois dernier, quand les Burkinabés se sont unis pour contrer une tentative ratée de coup d’État par des éléments du Régiment de sécurité présidentielle.
En République démocratique du Congo, nous avons vu des citoyens parler franchement, parfois en prenant de grands risques, en faveur d’élections transparentes, opportunes et crédibles.
Et nous avons observé cette même soif de démocratie en dehors de l’Afrique. L’Indonésie, le Sri Lanka et le Panamá ont récemment tenu des élections ouvertes, bien organisées, qui ont amené de nouveaux dirigeants au pouvoir et renforcé les institutions démocratiques.
La difficulté dans les prochaines élections en Afrique sera de répondre à cette demande de démocratie et d’être à la hauteur des critères espérés et mérités par les Africains. Les pays où se dérouleront des élections présentent des différences importantes tant sur le plan de leur histoire que sur celui des circonstances, mais chacun d’eux a la possibilité d’améliorer son bilan démocratique et de promouvoir la croissance économique et le partage de la prospérité.
La Côte d’Ivoire peut définitivement classer l’élection difficile et violente de 2010 dans son passé et reprendre sa position de leader régional.
La Tanzanie se prépare à sa quatrième passation de pouvoir entre des présidents élus depuis son indépendance. En respectant la limitation à deux mandats fixée par la Constitution tanzanienne et en se retirant du pouvoir, le président Jakaya Kikwete crée une dynamique et une saine compétition parmi ses successeurs potentiels.
La Guinée émerge du fléau de la maladie à virus Ebola, mais ses citoyens exigent aussi un processus électoral permettant de faire entendre leurs voix.
Entre-temps, le gouvernement de transition du Burkina Faso s’efforce de consolider son engagement envers la démocratie par le biais d’élections transparentes et opportunes.
Les élections sont d’une importance capitale, mais qu’on ne s’y méprenne pas, les élections ne peuvent être le seul moment pour les citoyens de façonner leur avenir. Ceux-ci doivent pouvoir participer avec leur gouvernement et leurs concitoyens à des discussions et des débats politiques pas seulement le jour du scrutin, mais tous les jours.
Le respect de la limitation des mandats est tout aussi important. La modification des constitutions nationales par les dirigeants dans un intérêt personnel ou politique ne bénéficie à aucune démocratie. En outre, un candidat perdant doit à son pays d’accepter le résultat du scrutin et de jouer un rôle constructif dans la recherche et la mise en œuvre de solutions à des problèmes communs.
Une élection présidentielle libre, équitable et pacifique ne garantit pas le succès de la démocratie, mais elle constitue l’un des instruments les plus importants pour mesurer les progrès de toute nation en développement. Les pays qui vont bientôt organiser des élections ont la possibilité de consolider leur bilan démocratique et de permettre à un continent tout entier de se rapprocher de la réalisation des aspirations solides –et tout à fait légitimes – de ses populations de faire entendre leurs voix.
Les États-Unis demeurent engagés à apporter leur aide pour réaliser ces aspirations.
Le président de la Transition Michel KAFANDO a voté ce matin aux environs de 9h, au Bureau N°5 du lycée Bambata à Ouagadougou. Il estime que c’est un grand jour pour le Burkina Faso « Je viens d’accomplir mon devoir civique en exprimant mon vote, aussi bien pour les législatives que pour les présidentielles. Il faut le dire franchement, c’est une victoire pour la transition qui avait son point d’honneur à organiser ces élections dans le cadre d’une année. Nous pensons que le processus est à son terme. C’est une victoire aussi pour le peule burkinabè » a affirmé le Michel KAFANDO.
C’est aujourd’hui 29 novembre 2015 que les Burkinabè partent aux urnes pour élire leur Président du Faso et choisir également leurs parlementaires post insurrection. Tout comme ses concitoyens, le Président du Conseil National de la Transition (CNT), Chérif SY, est allé remplir son devoir civique à l’école privée le Réveil des 1200 logements de Ouagadougou. Il invite les Burkinabè à sortir massivement pour voter en la mémoire des martyrs.
Le président du CNT Chérif SY mettant son bulletin dans l’urne
C’est un grand jour pour le peuple Burkinabè car ce n’était pas si évident. Pour le président du Conseil national de la Transition Chérif SY, « c’est la première fois que nous avons une élection avec autant d’inscrits. C’est la première fois que nous avons une élection qui donne toutes les garanties de transparence et d’équité ».
Chéryf SY termine son vote en imbibant son doigt de l’encre indélible
Pour lui, c’est l’occasion pour chaque Burkinabè d’être protagoniste de sa propre histoire. « Je les invite à sortir voter massivement en mémoire de ceux qui sont tombés aussi bien en octobre 2014 qu’en septembre dernier ». Tout en félicitant et remerciant la CENI et les forces de l’ordre pour le travail accompli et qui se poursuit, Chérif SY dit pour l’heure attendre la fin de la transition pour un éventuel bilan mené à la tête du parlement. Quant aux éventuels risque d’attaque il dit également faire confiance à la sécurité.
«Les messages de communication politique n’ont pas suffisamment pris en compte la soif de changement qu’il y a dans notre société», estime l’universitaire Serge Théophile Balima, membre de la chaire de l’UNESCO sur le plateau de la RTB radio. Pour Valentine Sanou, docteure en Sémiotique littéraire «les affiches ont beaucoup joué sur les valeurs morales des présidentiables. Est-ce pertinent dans un contexte burkinabè? On est tenté de dire oui. Les valeurs d’honnêteté, d’intégrité et d’amour de la patrie sont des valeurs essentielles pour la population»
Le Président de la Transition, Michel KAFANDO accomplissant son devoir civique
Le président du Faso, Michel KAFANDO a accompli son devoir civique, dans la matinée de ce dimanche 29 novembre 2015 aux environs de 9h10, dans le bureau de vote n°5 de Ouagadougou (Lycée Bambata). Le président de la Transition, après avoir accompli son devoir civique a signifié que c’est une victoire pour la transition d’avoir mis un « point d’honneur à organiser ces élections-là dans le cadre d’une année » et a invité la jeunesse à sortir « voter sortir voter parce qu’ils doivent choisir désormais leur véritable leader ».
L’intégralité de son discours face aux presses nationale et internationale:
« Je dois d’abord vous dire que c’est un grand jour pour le Burkina Faso, comme vous le savez. Je viens d’accomplir mon devoir civique en exprimant mon vote aussi bien pour la présidentielle que pour les législatives.
Je crois qu’il faut le dire franchement. C’est une victoire d’abord pour la Transition qui avait mis son point d’honneur à organiser ces élections dans le cadre d’une année. Nous avons eu ce que vous savez, au cours de ces évènements. Malgré tout, nous restons dans le cadre de l’année 2015 et nous pensons que le processus ira à son terme.
C’est une victoire aussi pour le peuple burkinabè, qui depuis 1978, où nous avons vraiment eu des élections vraiment démocratiques avec ballotage du chef de l’Etat de l’époque, le Président Sangoulé LAMIZANA.
C’est une victoire parce qu’après une éclipse de 27 ans, nous en revenons au système d’un vote pleinement démocratique, transparent, clair. Nous l’avons voulu ainsi, parce que pour aller à l’étape suivante, à savoir mettre en place les autorités que vous allez élire et promouvoir une véritable société de changement, il fallait véritablement que ce scrutin soit crédibilisé.
Le président de la CENI à côté de moi, ces collaborateurs ont mis tout, je dis bien tout pour que nous relevons le défi. Je dois vous dire que c’est un jour capital. C’est aussi une victoire pour la jeunesse du Burkina, parce que si nous sommes à cette étape-là, c’est parce que cette jeunesse en 2014 s’est exprimée, a exprimé sa volonté d’un changement net, a exprimé sa volonté d’une application de la liberté, de la démocratie au Burkina moyennant quoi, la Transition, que nous conduisons, n’a fait qu’appliquer ce programme et mettre en œuvre cette volonté.
Je dirais aussi que c’est une volonté du monde entier parce que je vous l’ai dit souvent, le monde entier attendait de voir de ces élections-là, quel résultat en sortirait pour être un exemple non seulement un pour l’Afrique mais pour l’extérieur.
Je pense que c’est un jour vraiment important pour le Burkina. Nous prions Dieu pour que les choses aillent jusqu’à terme. Je suis optimiste parce que du côté sécuritaire, toutes les dispositions ont été prises tant à l’intérieur ici qu’à nos frontières pour que véritablement ces élections se passent dans la sécurité, dans la paix et la sérénité.
Le Président du Faso, Michel KAFANDO s’adressant aux journalistes nationaux et internationaux
Je voulais profiter de vos micros pour féliciter le président de la CENI et ses collaborateurs parce que de loin on pense qu’organiser des élections comme cela, c’est facile. Non, quand vous entrez dans les détails, vous voyez que ce n’est pas facile, parce que vous êtes confrontés à beaucoup de problèmes, à des incompréhensions, à des problèmes d’argent, à des problèmes organisationnels. Ils ont réussi à braver tous ces défis.
Nous sommes là au jour J. Je pense vraiment que le peuple burkinabè s’exprime. Je l’ai dit. Les jeunes doivent sortir pour voter, parce qu’ils doivent choisir leur véritable leader. Il ne faut plus qu’on se plaigne après parce que tel ou tel homme politique n’est pas parfait.
Non choisissez maintenant, déterminez-vous maintenant. Et si vous le faites, vous verrez que vos voix porteront et que véritablement le Burkina Faso à l’issue de ces élections amorcera une heure de démocratie, de liberté, de compréhension.
Alors, je souhaite bonne élection à tout le monde. Je souhaite surtout que nous puissions en sortir sans violence, qu’il y ait un fair-play. Je l’ai dit. Je le répète. Le fair-play, nous acceptons les résultats. Nous avons un organe légal, le Conseil constitutionnel. Si nous avons des problèmes, allons vers le Conseil Constitutionnel, mais ne portons pas les divergences sur la place publique.
Bonne journée à tous et que Dieu nous aide à véritablement réussir ces élections. »
Propos recueillis par Bènonè Ib Der Bienvenue MEDAH