Pourquoi des policiers en ambassade… ? Le Ministre des Affaires Étrangères répond à la polémique

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C’est une affaire dont on ne devrait pas parler publiquement. Parce qu’il s’agit de sécurité (de Burkinabè notamment) et de sûreté de l’Etat. Malheureusement, l’affaire a été portée sur la place publique par le Syndicat des Agents du Ministère des Affaires Étrangères (SAMAE). Ainsi, ce dossier qui devait demeurer confidentiel ou à tout le moins interne est devenu un sujet de débat public. Cette fois-ci ce n’est même pas par une fuite organisée ou malencontreuse mais par une conférence de presse, par une déclaration Urbi et Orbi, c’est-à-dire à la ville et au monde. C’est tout simplement regrettable ! J’ai reçu vendredi le bureau du SAMAE pour lui faire part de mon sentiment et échanger sur la question. Tout étant désormais jeté sur la place publique avec un débat très animé sur les réseaux sociaux, je me sens donc obligé de m’expliquer sur cette affaire. De quoi s’agit-il ? Depuis deux ans, je reçois de nos Ambassades et Consulats des alertes et des requêtes pour la sécurisation de leurs locaux. C’est ainsi que j’ai présenté en Conseil des Ministres courant 2018 un dossier pour me permettre de prendre des mesures pour deux de nos représentations dans un pays voisin pour qui, il était urgent d’agir au regard des informations reçues. Le Conseil a non seulement approuvé le dossier, mais il a surtout estimé que pour ce genre de mesures on n’a pas besoin d’une décision de sa part pour les prendre. C’est alors que j’ai confié depuis 2018 le dossier à un de mes conseillers techniques, l’Ambassadeur Der Kogda. J’en ai tenu informé le bureau du SAMAE. Et jusqu’à lundi dernier 10 février 2020, je n’ai jamais reçu une opposition de la part du Syndicat contre ce projet. La mission confiée au Conseiller technique consistait à faire le point  des besoins exprimés par nos différentes représentations et une évaluation de la menace sécuritaire qui pèse sur notre pays et sur la région et le risque pour nos représentations diplomatiques. Cette évaluation a conclu sur la nécessité de renforcer la sécurité dans nos 15 ambassades et consulats généraux en Afrique de l’Ouest et au Tchad. Objectif: protéger ces hauts lieux de représentation nationale, où flotte notre drapeau et protéger ceux qui y travaillent y compris nos diplomates. Voilà c’est tout ! C’est vraiment de cela qu’il s’agit. Le reste n’est que rumeurs, imaginations, spéculations et extrapolations. La mise à disposition d’agents de police n’est qu’un des premiers volets des mesures envisagées. Je suis le chef d’une administration où on me pose des problèmes de sécurité, à ma place que fereiz-vous si ce n’est de prendre vos responsabilités ? Dois-je attendre que l’irréparable se produise avant de courir après des solutions? Pour moi, c’est  non. Donc il me fallait prendre mes responsabilités sur cette question, surtout dans le contexte où il est désormais clair que notre pays est particulièrement visé par les terroristes. Surtout aussi que nous avons été témoins de l’attaque contre l’Ambassade de France à Ouagadougou. Que se serait-il passé ce 2 mars 2018 si les portes d’entrée de l’Ambassade de France n’étaient pas blindées ? Que se serait-il passé ce jour-là si à l’intérieur de cette chancellerie il n’y avait pas d’éléments français armés pour réagir à temps et contenir la situation avant l’arrivée des forces burkinabè? Partout où il est question de sécurité de Burkinabè dans une de nos Représentations diplomatiques, je me dois d’agir en toute responsabilité avec les moyens qui sont les nôtres. De même, toute enclave à l’extérieur où flotte le drapeau national, c’est un devoir pour moi de préserver son intégrité. Je ne voudrais pas manquer à ce devoir qui est le mien, ni manquer de prendre ces responsabilités qui sont les miennes. Dans une Ambassade ou dans un Consulat, il y a des fonctions précises dévolues exclusivement aux diplomates. Et ce n’est pas à un policier que je viendrai à confier ces fonctions diplomatiques. J’en appelle donc à la sagesse et à  la responsabilité de tous dans l’approche de cette question. Et qu’en toute responsabilité, nous puissions évoquer nos questions sensibles à l’interne avant de les déverser à la face du monde. Porter ce débat sur la place publique n’honore ni notre pays le Burkina, ni sa diplomatie encore moins les agents qui agissent ainsi et non plus tous ceux qui approuvent ces méthodes. C’est pourquoi je témoigne ici ma reconnaissance à toutes les personnes et à tous mes collaborateurs de la Centrale et de l’étranger qui ont compris le bien-fondé du projet en cours et qui, depuis quelques jours, m’apportent constamment leur soutien. Merci à tous ! Alpha BARRY Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération

JT de 13h du 16 février 2020

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JT de 20h du 15 février 2020

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Jt de 13h du 15 Février 2020

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Filière Niébé au Burkina :  entre victoire sur les insectes ravageurs et défaite sur le marché

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Des producteurs exposent des sacs de niébé, de pois de terre ou d’arachide dans les stands dressés à l’occasion de la journée mondiale des légumineuses à Réo. Les visiteurs ne tarissent pas d’éloges en voyant la bonne mine que présentent les graines. Les premières commandes commencent à tomber et dame Awa Ouédraogo venue du Bam, s’active pour servir les clients du jour. Les légumineuses doivent leur belle apparence aux sacs à triples fonds et aux bidons dans lesquels elles sont conservées. Finie l’époque où ils utilisaient la cendre ou de simples sacs pour préserver leurs productions. Les producteurs enregistraient de nombreuses pertes à cause des insectes ravageurs comme les bruches polyvoltines. Une fois le défi de la conservation relevé, les légumineuses sont gardées en lieu sûr en attendant le moment propice sur le marché. En effet, c’est vers les mois d’Avril et de Mai, que le prix du niébé augmente. Quand les circonstances les obligent à vendre avant cette période, les producteurs à la limite bradent leurs légumineuses comme l’explique Nagalo Babou, de l’Union Provinciale des Producteurs de Niébé du Sanguié « Les commerçants qui viennent de Ouagadougou nous imposent leurs prix. Nous sommes parfois obligés de céder nos sacs, le cœur serré. L’argent que nous gagnons ne comble pas nos efforts » confie-t-il.   Tout autre son de cloche chez Benoît Bayili, un exposant venu de Ténado.  Il estime que le secteur est porteur et pense que c’est au producteur de fixer le prix « Tant que le prix que le commerçant me propose, ne m’arrange pas, je ne vends pas. Mon bénéfice annuel vacille entre 300.000 et 400.000 FCFA » ajoute-t-il. Pour juguler le yo-yo des prix, Awa Ouédraogo se joue les stratèges. Membre de la Coopérative Tarwend-Panga de production de niébé, elle dit ne pas céder toute sa production à la coopérative. « Je suis malin, je ne vends pas tout mon niébé à la coopérative. Je garde une partie que je vends moi-même au marché afin de subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille.»  dit-elle. Tarwend-Panga réunit 30000 femmes. Ce nombre ne suffit pas pour cultiver les champs de la coopérative qui recrute chaque année des hommes pour emblaver des hectares. En avril prochain, Awa compte mettre sur le marché 30000 sacs de niébé. Par expérience, elle est convaincue de pouvoir les écouler à des prix alléchants. Les légumineuses pèsent lourd dans la balance économique du Burkina Faso. Les acteurs comptent sur la providence étatique pour augmenter les rendements à l’hectare. Ils l’ont réaffirmé pendant la célébration de la deuxième journée des légumineuses à Réo le 10 février dernier. L’octroi d’intrants ou d’équipements serait d’une grande aide selon Benoît Bayili.   Marie Laurentine Bayala

JT de 20h du 13 février 2020

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