Dabadi Zoumbara des Editions Le Pays, lauréat du Super Galian 2018
La 21e nuit des Galian a livré son verdict ce vendredi 18 mai 2018. Dabadi Zoumbara des Editions Le Pays remporte le super Galian et succède à Mathias Drabo de la RTB. Il reçoit à ce titreun trophée, une attestation, trois millions de F CFA et une villa d’une valeur de 14 millions de F CFA.La Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), quant à elle, a remporté au total 20 prix dont 11 en prix spéciaux et 9 en officiels.« Formation des mineurs en conflit avec la loi »,« Une journée avec les mineurs en conflit avec la loi » et « Activités parallèles des étudiants : des étudiants qui jouent les corvéables pour pouvoir tenir le coup » sont les deux œuvres de Dabadi Zoumbara qui ont séduit le Jury du Super Galian 2018. Publiés respectivement le 14 décembre 2017 et le 26 décembre 2017, ces articles lui ont permis de remporter le Super Galian à cette 21e édition.
Le ministre de la Communication, Rémis Fulgance Dandjinou, dans son allocution, a rappelé les mérites des journalistes du Burkina reconnus tant au plan international qu’africain. A ce titre, ces prix, dit-il, « contribuent à renforcer la qualité des médias ». Pour cette 21e édition, tous les candidats en lice avaient obligation de déposer deux œuvres pour traduire, à en croire le ministre, la recherche d’une quête permanente de l’excellence à tous les niveaux.
Le lauréat du Super Galian 2018, Dabadi Zoumbara a indiqué que ce prix constitue le fruit d’un travail bien effectué. Pour lui, ce prix est «une invite à mieux travailler que ce que nous venons de faire».
Le président d’honneur, Paul Kaba Théba s’est réjoui de la forte participation à cette édition qui constitue un moyen de stimulation de la quête de l’excellence. « Nous avons enregistré 229 œuvres contre 204 l’année dernière. Et je suis également heureux de voir que les acteurs des médias se sont véritablement appropriés cette institution que sont les galians. C’est vraiment un moyen de stimulation de cette quête de l’excellence qui n’est jamais gagnée d’avance», a-t-il ajouté.
Les lauréats ont posé avec le président d’honneur, Paul Kaba Thiéba
Les prix, ainsi décernés aux lauréats à cette 21e nuit des Galians, sont composés de trophées et de chèques allant de 100.000 F à 1 million de F CFA. Et Dabadi Zoumbara, lauréat du Super Galian, reçoit un trophée, une attestation, trois millions de F CFA et une villa d’une valeur de 14 millions de F CFA.
Cette 21e nuit des Galian a été l’occasion pour le comité d’organisation de décerner des galians d’honneur à des anciens hommes de médias.
Le Palmarès de l’édition 2018 Galian d’honneur
Edouard Ouédraogo, directeur de l’observateur Paalga, président d’honneur des 21e Galian
Raimond Edouard Ouédraogo, ancien directeur de la Radio nationale
John Abdoul Wahab Tassembéodo, journaliste à la retraite
Jeanne Coulibaly, ancienne journaliste-présentatrice à la télévision nationale du Burkina
Prix spéciaux
Prix ONEA: Adama Simboné (RTB / Radio)
Prix Coris Bank: Seydou Traoré (Sidwaya)
Prix Chambre de Commerce et de l’Industrie : Joseph Haro (Sidwaya)
Prix LONAB: Guinko Zakaria et Dramane Dadian (RTB)
Prix Organisation mondiale de la Santé : Yiogo Alima (RTB radio)
Prix Trésor public : Ilboudo Wamtinga (Sidwaya)
Prix Ministère de la Culture : Moumouni Koné et Evariste Combary (RTB)
Prix Ministère de l’Agriculture: Ernest Kambiré (RTB)
Prix Ministère de la Santé: Dalou Mathieu Da (RTB2 Sud-Ouest) et Aboubacar Dermé (L’Observateur Paalga)
Prix Ministère de l’Education nationale: Dramane Dadian (RTB)
Prix Ministère de la Justice des Droits humains et Promotions civiques: Elisabeth Seguéda/ Zoungrana (RTB / Radio Burkina)
Prix Orange: prix spéciaux meilleures émissions interactives : 3e : Radio Oméga ; 2e: Savane FM ; 1er :Ouaga FM.
Prix Secrétariat général pour la Gestion intégrée des Ressources en Eau (GIRE): Rufine Dipama (Rtb2 Hauts Bassins)
La jeunesse estudiantine et le peuple Burkinabè commémorent, le 19 mai 2018, le 28e anniversaire de l’assassinat de notre camarade DABO Boukary. Militant de l’ANEB, DABO a été enlevé le 19 mai 1990 à la suite d’une manifestation pour réclamer de meilleures conditions de vie et d’étude à l’Institut des Sciences Naturelles/Institut de Développement Rural de l’université de Ouagadougou (actuel UFR/SVT) et torturé à mort par l’ex-garde présidentielle de Blaise COMPAORE. Militant engagé, DABO était un infatigable défenseur de la cause des étudiants et de celle du peuple Burkinabè. Comme tout le monde pouvait s’en souvenir, après son assassinat, le régime Compaoré a usé de subterfuges et manœuvres dilatoires pour faire passer par perte et profit ce crime, notamment en faisant croire à l’évasion de DABO du Conseil de l’entente, avant de reconnaitre sous la pression populaire sa mort. Non seulement la bataille a dû être menée sur le terrain de la mobilisation à travers des journées d’interpellation annuelles des sections de l’UGEB chaque 19 mai, des luttes au sein du CODMPP, mais aussi sur le plan judiciaire. Ainsi après son ouverture en 2000, la procédure judiciaire relative à l’assassinat de DABO est restée lettre morte pendant de nombreuses années sans connaitre une évolution significative.
Pendant de nombreuses années, les bourreaux de DABO circulent librement en toute impunité, narguant le peuple. A la faveur de l’insurrection populaire d’Octobre 2014 qui a contraint Blaise COMPAORE et son clan à la chute et à la fuite, de nombreux démocrates ont cru à la fin du pouvoir de déni de justice. La jeunesse estudiantine et le peuple Burkinabè, après tant d’années de mobilisation et de lutte contre le pouvoir dictatorial du capitaine Blaise Compaoré, nourrissaient légitimement l’espoir que le crime de DABO ainsi que tous les crimes emblématiques de sang seraient élucidés et leurs auteurs et commanditaires punis. Mais hélas, au-delà de l’inculpation de Gilbert DIENDERE et Mamadou BAMBA, de l’indication de la tombe présumée de DABO, la procédure judiciaire n’a plus connu d’évolution de manière à faire éclater la vérité et rendre justice à DABO.
Que manque-t-il véritablement pour juger ce dossier ? Si le dossier DABO piétine, c’est parce qu’il connait des ramifications politiques qui touchent des tenants de l’ex-régime COMPAORE et du régime de Rock Marc Christian KABORE qui ont toujours fait et continue de faire obstruction à la justice. A ce sujet, laissons un des témoins des évènements de mai 1990 parler : « Je suis formel, Salif DIALLO a ordonné la dispersion de la manifestation …Après cela, il y a eu la chasse à l’homme sur le campus, du 16 au 20 mai…Il y a eu des indicateurs, notamment les membres des comités révolutionnaires qui indiquaient les domiciles. Moi-même, mon domicile a été visité par feu Gaspard Somé qui était au conseil, accompagné de Bamba Mamadou, le délégué CR de l’université » (extrait de l’entretien de Séni KOUANDA réalisé par Tiga Cheick SAWADOGO publié le 22 mai 2015 sur le site le faso.net).
Si malgré ces indices graves, l’on continue de tourner en rond, c’est que l’indépendance de la justice est un leurre. Il faudrait à la lumière de ces faits nous convaincre que seule la lutte reste nécessaire pour un jugement diligent et correct du dossier DABO afin d’en identifier et punir les auteurs et commanditaires à la hauteur de leur forfait. Par ailleurs, 28 années après la disparition tragique de DABO, les mauvaises conditions de vie et d’étude contre lesquelles lui et ses camarades de l’époque se sont insurgés restent d’actualité et se sont mêmes aggravées : déficit criard d’infrastructures et d’enseignants, retard et chevauchements des années, rendements académiques catastrophiques, offensives contre les libertés syndicales et velléités de liquidation de l’ANEB. C’est pourquoi l’ANEB appelle l’ensemble des étudiants à :
Observer une grève générale de 24 heures ce samedi 19 mai 2018 pour exiger l’arrestation et la condamnation des commanditaires, auteurs et complices de ce crime ; Participer massivement aux activités commémoratives de la journée DABO :Le samedi 19 mai
Un grand meeting à 8h au terrain DABO Boukary
Une exposition photos et commentaires de tableaux sur les luttes du mouvement étudiant sous le hall de l’amphi A600 à partir de 9h
Prestation de la troupe théâtrale et la chorale de l’UGEB à 14h
Un concert-meeting à la cité Kossodo à partir de 20h.
Le dimanche 20 mai
Une nuit Maracaña d’hommage à DABO Boukary à partir 16h ponctuée de la prestation du club taekwondo de l’UGEB sur le plateau de l’UFR/SVT. Pour le succès de la journée DABO Boukary, en avant !Ni oubli, ni pardon !Vérité et justice pour DABO Boukary !Pain et liberté pour le peuple !
Ouagadougou le 18 mai 2018
Le Comité exécutif