Le film « Hakilitan » ou « Mémoire en fuite » du réalisateur burkinabè Issiaka Konaté est passé en projection de presse ce lundi 25 février 2019 dans la matinée au ciné Neerwaya. Le film évoque l’inondation, le 1er septembre 2009, de la Cinémathèque Africaine de Ouagadougou à travers l’histoire d’un enseignant amnésique dont la vie remonte par bribes à la surface.
« Hakilitan » ou « Mémoire en fuite » est un film de 75 minutes qui retrace la destruction partielle de la cinémathèque africaine de Ouagadougou. A travers ce film entre fiction et documentaire, le réalisateur questionne la mémoire individuelle et collective.
La cinémathèque de Ouagadougou ayant frôlé la destruction totale en 2009, ce film aborde également le volet restauration des oeuvres endommagées afin de maintenir cette mémoire collective pour les générations à venir.
Maarit Hirvonen, cinéphile
« Ce film parle beaucoup. Il est très touchant. C’est quelque chose qu’on n’y pense pas, mais la mémoire peut disparaître d’un moment à l’autre. Il y’a nécessité de quand même investir en ces choses afin de perpétuer les mémoires ». a souligné Maarit Hirvonem, cinéphile.
Marc Sanogo, membre du jury de la commission de l’UEMOA
Pour Marc Sanogo, membre du jury de la commission de l’UEMOA, ce film retrace l’histoire du cinéma africain et de tous les cinéastes, comment ils se battent et nous invite à avoir un meilleur comportement.
Issiaka Konaté, réalisateur du film « Hakilitan »« C’est un projet de neuf ans », dévoile le réalisateur Issaka Konaté. Et c’est suite aux inondations du 1er septembre 2009 que ce projet à germer. Au départ c’était un film documentaire ensuite est né la fiction avec la construction du chantier du FESPACO. « C’est une œuvre capricieuse et fragile qui demande d’être disponible pour la recevoir », à t-il ajouté.
Cette œuvre est en compétition pour l’Etalon d’or de Yennenga. Elle sera également projetée dans d’autres salles pour le bonheur des festivaliers.
Ce mardi 26 février à 8H au ciné Nerwaya et 18H30 au Ciné Burkina, un autre long métrage burkinabè en course pour l’Etalon d’or, à savoir « Desrance » de Appoline Traoré sera projeté.
Saratou Cissé
Le colloque du cinquantenaire du FESPACO s’est ouvert ce 25 février 2019 au CBC à Ouagadougou sur le thème « Confronter notre mémoire et forger l’avenir d’un cinéma panafricain dans son essence, son économie et sa diversité. » Une rencontre pour méditer sur la contribution au façonnement et à la transformation du FESPACO.
Le biennale du cinéma africain de Ouagadougou a 50 ans. Et quoi de mieux qu’un colloque pour voir dans le rétroviseur, consolider les acquis et se projeter sur l’avenir. C’est pourquoi il se tient sur le thème « Confronter notre mémoire et forger l’avenir d’un cinéma panafricain dans son essence, son économie et sa diversité. » A cet effet, les réflexions vont s’articuler autour de 4 axes dans un continuum allant du rétrospectif au prospectif.
Ainsi, durant 48 heures, les panélistes vont tout d’abord dans « il était une fois le FESPACO » s’interroger sur « quelle est donc cette flamme que le FESPACO a su allumer, cet esprit qu’il a imprimé, cette énergie et cette dynamique qu’il a insufflées à la cinématographique panafricaine? Comment a t’il nourri les recherches esthétiques et la production d’images? Si le festival n’avait existé, qu’est ce qui aurait changé dans le destin de la cinématographie africaine de l’Afrique entre autres.
Ensuite dans le second atelier, intitulé « Confronter notre mémoire », il s’agira de se poser certaines questions comme « serait-il exact de dire que le FESPACO est témoin d’une évolution des cinémas africains qui seraient partis des valeurs de devoir, d’engagement, de responsabilité, de combat et de credo collectif, aux cinémas de l’affirmation, de la liberté de création individuelle, de l’intime ou de récit de soi, du plaisir de raconter, de la revendication d’un cinéma de divertissement?
Puis en 3e atelier « Forger l’avenir et pérenniser le FESPACO » les participants se pencheront sur « comment fonder des bases économiques nouvelles pour les industries cinématographiques et audiovisuelles de l’Afrique et de ses diaspora? Quel rôle le FESPACO peut-il jouer dans l’avènement d’un nouveau courant dynamique de création et de récits pluriels au service de l’épanouissement d’un être africain et afro-descendant riche de son histoire et tourné vers sa propre réinvention?
Enfin, le colloque se terminera sur « les nouvelles bases économiques ». Comment envisager sérieusement l’autonomie financière du FESPACO? Comment renforcer le caractère panafricain du festival en impliquant de nouveaux acteurs étatiques, institutionnels et privés dans son organisation, sa politique et son financement, pour qu’il se consolide comme un instrument continental d’exposition et de défenses des expressions cinématographiques et audiovisuelles africains et diasporiques?
Le ministre de la Culture des Arts et du Tourisme Abdoul Karim Sango qui a présidé l’ouverture du colloque a loué l’initiative. Pour lui, le gouvernement burkinabè sera attentif aux conclusions des travaux que coordonne Gaston Kaboré. C’est le même son de cloche du côté de l’OIF à travers sa directrice du département diversité et développement culturel Youma FAll.
Quant à Cheick Oumar Sissoko, secrétaire général de la FEPACI, « le cinéma africain à l’âge de nos indépendances mais est malheureusement handicapé comme le sont nos pays ». C’est pourquoi il souhaite que des solutions adéquates sortent des travaux.
Y. Alain Didier Compaoré